Aller au contenu principal

Déclarer ses biens immobiliers : une nouvelle obligation pour les propriétaires

Publié le Mis à jour le

Depuis la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale, l’administration fiscale doit identifier précisément qui occupe chaque logement (résidence principale, résidence secondaire, location, vacance…).

C’est pour cela qu’une nouvelle obligation déclarative a été mise en place via le service en ligne « Gérer mes biens immobiliers » (GMBI) sur impots.gouv.fr 🏠📌

✅ Qui est concerné par la déclaration des biens immobiliers ?

Sont concernés tous les propriétaires (personnes physiques et, dans certains cas, personnes morales) dès lors qu’ils détiennent des locaux à usage d’habitation :

  • résidence principale
  • résidence secondaire
  • logement loué (vide ou meublé, y compris location saisonnière / type Airbnb)
  • logement occupé à titre gratuit
  • logement vacant

Important : seuls les locaux d’habitation sont visés. Les locaux purement professionnels (boutique, bureau, entrepôt…) ne sont pas concernés par cette obligation déclarative. ✅

📋 Quoi déclarer exactement ?

Vous devez déclarer l’ensemble des logements dont vous êtes propriétaire, quel que soit le mode de détention :

  • en direct (en nom propre)
  • indirectement (ex. détention via une SCI)

Pour chaque bien, l’administration attend surtout la situation d’occupation :

  • le logement est-il votre résidence principale ?
  • est-il loué ? (si oui : location vide/meublée et, selon les cas, informations sur l’occupant)
  • est-il occupé gratuitement ?
  • est-il vacant ?

🔎 Cas particuliers (à connaître)

👉 Démembrement (usufruit / nue-propriété)
En cas de démembrement, c’est l’usufruitier qui déclare la situation d’occupation. Le nu-propriétaire peut généralement visualiser le bien dans « Biens immobiliers », mais ne déclare pas l’occupation. 🧾

👉 Indivision
En cas d’indivision, une seule déclaration par bien est attendue. Si plusieurs déclarations sont déposées, la dernière validée est celle prise en compte. 👥

🎯 Pourquoi cette obligation déclarative existe ?

Cette déclaration permet à l’administration :

  • de savoir si un logement est la résidence principale de l’occupant (donc exonéré de taxe d’habitation)
  • de taxer, le cas échéant, les logements restant soumis à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires 🏖️
  • d’identifier les logements vacants pour l’application éventuelle de la taxe sur les logements vacants (TLV) ou de la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) selon la commune 🏚️

En clair : sans info fiable sur l’occupation, l’administration ne peut pas appliquer correctement les taxes locales restantes.

🧭 Comment faire la déclaration sur impots.gouv.fr ?

La démarche se fait en ligne :

  1. Connectez-vous à votre espace sur impots.gouv.fr 🔐
  2. Allez dans la rubrique « Biens immobiliers » / « Gérer mes biens immobiliers »
  3. Ouvrez chaque bien et complétez / corrigez la situation d’occupation
  4. Validez

Vous pouvez vous aider de la notice officielle :
Notice descriptive « Gérer mes biens immobiliers » 📄

💡 Bon réflexe (propriétaires bailleurs)

Si vous louez (vide ou meublé), pensez à mettre à jour l’occupation en cas de :

  • changement de locataire
  • passage en location saisonnière
  • période de vacance entre 2 locations

Cela évite les erreurs de taxation (taxe d’habitation, vacance…) et des échanges inutiles avec le fisc.

⚠️ Délais : quand déclarer ? (mise à jour)

Pour la mise en place initiale, la date limite qui avait été fixée au départ au 30 juin 2023 a été repoussée au 31 juillet 2023

Depuis, le principe est le suivant : vous devez déclarer et/ou actualiser les informations en cas de changement de situation d’occupation (nouveau locataire, logement désormais vacant, etc.).

Conseil pratique : même si votre situation n’a pas bougé, connectez-vous au moins une fois pour vérifier que les informations affichées sont correctes (surface, nature du bien, occupation). ✅

💸 Les sanctions en cas d’oubli ou d’erreur (montant actualisé)

Le texte prévoit une amende de 150 € par local en cas de défaut de déclaration ou d’inexactitude. 💶

Mais le plus risqué, dans la pratique, c’est surtout ceci : si l’occupation est mal renseignée (ou non renseignée), vous pouvez recevoir un avis de taxes locales non pertinentes (par exemple une taxe d’habitation alors que le logement est en résidence principale, ou une taxation “vacance” contestable). Cela entraîne ensuite des démarches de correction.

Donc : faites la déclaration (et mettez-la à jour) dès que possible, c’est le meilleur moyen d’éviter des régularisations et des échanges chronophages avec l’administration. 👍

❓FAQ officielle utile

Pour les cas particuliers (SCI, indivision, démembrement, logement vacant, occupants multiples, etc.), l’administration a publié une FAQ :
FAQ « Gérer mes biens immobiliers » 📚


Cette ressource vous a-t-elle été utile ?

Partagez cet article !

Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC, premier cabinet d'expertise comptable en ligne. Depuis 20 ans Jean luc Javelaud a accompagné plus de 10.000 créateurs d'entreprises et les accompagne dans la gestion de leur entreprise : comptabilité, fiscalité, patrimoine.

Voir le profil LinkedIn

À découvrir dans la même thématique

Apport d’un bien immobilier à une SCI : étapes, frais, fiscalité (plus-value, droits d’enregistrement) – guide complet
22 min

Apport d’un bien immobilier à une SCI : étapes, frais, fiscalité (plus-value, droits d’enregistrement) – guide complet

Apporter un bien immobilier existant à une SCI consiste à transférer la propriété d’un appartement, d’une maison, d’un local professionnel ou d’un immeuble locatif à la société, en échange de parts sociales. Cette opération, généralement réalisée chez le notaire, permet de mieux organiser la gestion à plusieurs, de préparer la transmission (donation de parts, démembrement), ou de séparer l’immobilier de l’activité professionnelle. Mais l’apport en SCI n’est pas neutre : il peut entraîner des frais de notaire, des droits d’enregistrement (notamment en cas d’apport avec reprise de crédit, apport mixte), et une imposition sur la plus-value immobilière comme lors d’une cession. Le choix du régime fiscal (SCI à l’IR ou SCI à l’IS) est déterminant pour la fiscalité des loyers et la revente. Pour sécuriser l’opération, il faut une évaluation fiable du bien, des statuts adaptés, l’accord de la banque en cas d’emprunt, et une simulation complète des coûts et impacts fiscaux.

Statuts de SCI : mentions obligatoires, clauses essentielles et erreurs à éviter
32 min

Statuts de SCI : mentions obligatoires, clauses essentielles et erreurs à éviter

Les statuts de SCI sont le contrat fondateur de la société : ils fixent son identité (forme, dénomination, siège), son objet social, sa durée, les apports, le capital et la répartition des parts. Au-delà de ces mentions obligatoires, il est essentiel de sécuriser le fonctionnement avec des clauses sur la gérance (nomination, pouvoirs), les règles de vote et de majorité, l’agrément des cessions de parts, la répartition des bénéfices, les comptes courants d’associés, ainsi que les situations sensibles (décès, retrait, transmission, démembrement). Des statuts bien rédigés évitent blocages, conflits et erreurs fiscales (IR/IS, location meublée) et facilitent la gestion long terme de votre patrimoine immobilier.

SCI à l’IR ou à l’IS : comparatif fiscal 2026 pour optimiser votre patrimoine immobilier (avantages, plus-value, amortissement)
27 min

SCI à l’IR ou à l’IS : comparatif fiscal 2026 pour optimiser votre patrimoine immobilier (avantages, plus-value, amortissement)

Choisir entre une SCI à l’IR et une SCI à l’IS impacte directement la fiscalité des loyers, la déduction des charges et travaux, l’amortissement, la plus-value à la revente et la stratégie de transmission. La **SCI à l’IR est souvent la solution patrimoniale (location nue, détention longue, transmission), avec le **régime des plus-values des particuliers et la possibilité de déficit foncier (sous conditions), mais une imposition pouvant être élevée selon la tranche d’IR + prélèvements sociaux. La SCI à l’IS séduit pour amortir l’immeuble, réduire l’impôt en phase d’exploitation et capitaliser/réinvestir, au prix d’une comptabilité plus lourde, d’une possible double imposition (IS puis dividendes) et d’une fiscalité de revente souvent plus coûteuse (plus-value calculée sur la valeur nette comptable). Le bon choix dépend d’une simulation sur 10/20/30 ans intégrant revenus, travaux, financement, distribution, revente et objectifs familiaux.

La simplicité d'un cabinet en ligne, le conseil d'experts !

Parler à un expert
Femme souriante avec un geste de satisfaction