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Entreprise individuelle 2026 : guide complet (création, micro ou réel, IR/IS, TVA, charges, protection du patrimoine)

Créer une entreprise individuelle en 2026 reste l’une des voies les plus rapides pour entreprendre en France, surtout quand on veut démarrer seul, tester un marché ou facturer rapidement.

Pourtant, derrière l’apparente simplicité, l’EI cache des choix qui changent tout : micro-entreprise ou régime réel, TVA ou franchise, impôt sur le revenu ou option à l’IS, protection du patrimoine, et même stratégie de rémunération.

En tant qu’expert-comptable, je vois souvent la même scène : une EI créée en 30 minutes, puis des erreurs qui coûtent des milliers d’euros (TVA mal gérée, dépenses non déductibles oubliées, cotisations sociales sous-estimées, option fiscale faite trop tard…). L’objectif de ce guide 2026 : vous donner une vision claire, à jour, et actionnable pour décider, créer, piloter et sécuriser votre entreprise individuelle ✅

L’entreprise individuelle (EI) désigne une activité exercée en nom propre par une seule personne. L’entreprise et l’entrepreneur ne forment qu’un sur le plan juridique : il n’existe pas de personnalité morale distincte (contrairement à une SASU ou une EURL). Concrètement, cela explique plusieurs caractéristiques : pas de capital social, pas de statuts, formalités de création très allégées.

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2022, l’EI a connu une transformation majeure : on parle désormais d’un statut unique de l’entrepreneur individuel avec séparation de principe entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel. Les références se trouvent notamment dans le Code de commerce (articles L526-22 à L526-26).

Idée reçue n°1 : “Auto-entrepreneur = statut juridique”. En réalité, auto-entrepreneur correspond à une EI ayant choisi le régime fiscal et social simplifié de la micro-entreprise. Le statut juridique reste une entreprise individuelle.

Idée reçue n°2 : “EI = responsabilité illimitée”. Ce n’est plus vrai dans la majorité des cas depuis 2022 : votre responsabilité se limite en principe à votre patrimoine professionnel. Cependant, certaines exceptions existent (on les détaille plus loin).

Idée reçue n°3 : “EI = petit projet”. Faux. Une EI au régime réel peut générer un chiffre d’affaires important, embaucher, investir, amortir, récupérer la TVA, et se structurer très sérieusement. Le point clé devient alors : la stratégie fiscale et sociale et la qualité de gestion 📊

Entreprise individuelle, micro-entreprise, société : comment choisir en 2026 ? 🔎

Choisir, ce n’est pas seulement “simple vs compliqué”. C’est arbitrer entre coût social, imposition, protection, crédibilité bancaire, et évolutivité.

EI vs micro-entreprise : même structure, règles différentes

Une micro-entreprise est une EI (ou une EURL) sous un régime simplifié. Vous bénéficiez d’une comptabilité ultra allégée et d’un calcul de charges basé sur le chiffre d’affaires (et non sur le bénéfice).

Plafonds micro-entreprise 2026 (CA annuel HT) :

  • 203 100 € : achat/revente, vente de denrées à consommer sur place, hébergement (hors locations meublées spécifiques) 🧾
  • 83 600 € : prestations de services commerciales/artisanales et activités libérales 💼

Si vous dépassez ces seuils, vous basculez vers un régime réel (selon la situation et les règles applicables). C’est souvent le moment où l’accompagnement comptable devient rentable, car les choix TVA + charges + amortissements peuvent changer vos marges.

EI vs société (SASU/EURL) : les vraies différences

En société, vous créez une personne morale : capital, statuts, annonce légale, fonctionnement plus formel. En contrepartie, vous gagnez en outils : entrée d’associés, séparation juridique plus nette, stratégie de rémunération plus fine (notamment en SASU), image plus “corporate”.

Repère simple :

  • Vous démarrez seul, testez, facturez vite, peu d’investissements : EI micro ou EI réel
  • Vous investissez (véhicule, matériel), récupérez beaucoup de TVA, avez des frais : EI réel souvent avantageuse 📌
  • Vous visez levée de fonds, associés, optimisation via rémunération/dividendes : SAS/SASU plus adaptée 🏗️
  • Vous voulez un cadre proche de l’EI avec société : EURL peut convenir

Avantages et limites de l’entreprise individuelle en 2026 ⚖️

Les avantages de l’EI ✅

  • Création rapide : pas de statuts, pas de capital, démarches allégées.
  • Large champ d’activités : commerce, artisanat, libéral, agriculture (avec règles propres).
  • Gestion simple : surtout en micro-entreprise.
  • Protection du patrimoine personnel en principe (réforme 2022) 🛡️
  • Option pour l’IS possible (sur demande) : utile dans certains scénarios de bénéfice élevé et de stratégie d’investissement.

Les limites et points de vigilance ❗

  • Pas d’associés : vous entreprenez seul (pas de partage de capital).
  • Charges sociales parfois élevées : selon le régime, elles se calculent sur le bénéfice (IR) ou sur la rémunération (IS) avec des subtilités.
  • Protection du patrimoine : réelle, mais pas absolue (exceptions légales, cautions bancaires, fraude, etc.).
  • Crédibilité : parfois perçue comme moindre qu’une société par certains clients/banques (ce point évolue beaucoup).

Qui peut créer une entreprise individuelle ? Cas pratiques (salarié, dirigeant, demandeur d’emploi) 👥

Créer une EI : conditions générales

Toute personne physique majeure peut créer une EI. Certaines activités réglementées exigent un diplôme, une expérience, une inscription à un ordre ou une autorisation (ex. : métiers du bâtiment, santé, transport, etc.).

Salarié + entreprise individuelle : possible, mais cadré

Oui, vous pouvez cumuler. Toutefois :

  • Vérifiez votre contrat : clause d’exclusivité, obligation d’information, restrictions.
  • Respectez votre devoir de loyauté : pas de concurrence déloyale, pas d’utilisation des moyens de l’employeur.
  • Attention aux horaires et à la santé : le cumul se gère comme un projet d’endurance 🏃

Demandeur d’emploi + EI : possible avec ajustement des droits

Créer une EI tout en étant inscrit à France Travail reste possible. En pratique, vos allocations peuvent s’ajuster selon les revenus. Vous pouvez aussi mobiliser des aides (selon conditions) : ACRE, dispositifs liés à l’ARCE, etc. (les règles évoluent, un point personnalisé s’impose selon votre situation).

Dirigeant de société + EI : possible dans certains cas

Le cumul peut exister, mais vous devez gérer : non-concurrence, disponibilité, cohérence fiscale/sociale. Dans les faits, on le rencontre chez des profils qui gardent une activité de conseil en EI tout en présidant une SAS, ou des associés non dirigeants.

Comment créer une entreprise individuelle en 2026 : étapes concrètes (guichet unique) 🧾

Depuis 2023, les formalités passent par le guichet unique (plateforme officielle de formalités). L’objectif : centraliser création, modification et cessation.

Étape 1 : préparer les informations et pièces

  • Pièce d’identité en cours de validité
  • Justificatif de domiciliation (domicile, bail, contrat de domiciliation…)
  • Déclaration de non-condamnation
  • Informations d’activité : nature, date de début, adresse d’exercice, options fiscales (micro/réel, TVA…)
  • Si activité réglementée : justificatif d’autorisation/diplôme

Étape 2 : déposer la demande d’immatriculation

Vous déclarez votre activité en ligne. Selon votre activité, vous serez immatriculé (RNE, et selon cas : registre du commerce, répertoire des métiers, etc.).

Étape 3 : compte bancaire dédié (obligation sous conditions)

Un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire si vous dépassez 10 000 € de chiffre d’affaires pendant 2 années civiles consécutives. Même en dessous, je le recommande fortement : séparation des flux, contrôle URSSAF/fiscal plus simple, pilotage plus clair ✅

Fiscalité de l’entreprise individuelle en 2026 : IR, IS, TVA, CFE 💶

1) Imposition par défaut : impôt sur le revenu (IR)

Par défaut, l’EI relève de l’impôt sur le revenu. Vous déclarez le résultat dans votre déclaration personnelle :

  • BIC : activités commerciales et artisanales (vente, prestation commerciale…)
  • BNC : activités libérales (conseil, formation, professions libérales…)

Au régime réel, vous payez l’impôt sur un bénéfice (recettes – dépenses déductibles), ce qui permet souvent d’optimiser quand vous avez des frais réels importants (loyer, logiciels, déplacements, sous-traitance, amortissements, etc.).

2) Micro-entreprise : abattement forfaitaire, simplicité, mais arbitrages

En micro, vous ne déduisez pas vos frais réels. L’administration applique un abattement forfaitaire (variable selon l’activité) pour calculer le revenu imposable. Cela peut être excellent si vous avez peu de charges… ou pénalisant si vos charges explosent (sous-traitance, pub, matériel, déplacements) ⚠️

Vous pouvez parfois choisir le versement libératoire (si vous remplissez les conditions) : vous payez un pourcentage du CA en impôt, en même temps que les cotisations. C’est confortable pour la trésorerie, mais pas toujours optimal fiscalement.

3) Option pour l’impôt sur les sociétés (IS) : pourquoi et quand ?

L’EI peut opter pour l’IS sur demande. Cette option change la logique :

  • À l’IS, l’entreprise paie l’impôt sur ses bénéfices.
  • Vous vous rémunérez (rémunération déductible), et éventuellement vous distribuez des bénéfices (selon règles).

Pourquoi c’est intéressant ? Souvent quand :

  • Vous avez un bénéfice élevé, et vous ne souhaitez pas tout “sortir” en revenu personnel.
  • Vous voulez investir (matériel, informatique, véhicule utilitaire…), et conserver de la trésorerie après impôt.
  • Vous cherchez à lisser votre revenu imposable personnel 📉

4) TVA en EI : franchise ou TVA collectée ?

Deux grandes situations :

  • Franchise en base : vous ne facturez pas la TVA, vous ne la récupérez pas. Idéal si vous vendez à des particuliers et avez peu d’achats.
  • Régime TVA : vous facturez la TVA, vous la récupérez sur vos dépenses. Souvent utile si vous travaillez en B2B ou investissez.

En pratique, la TVA est un levier de marge et de compétitivité. Un indépendant B2B qui récupère beaucoup de TVA sur ses coûts a souvent intérêt à la TVA, même si cela ajoute de l’administratif.

5) CFE, autres taxes et contributions

En EI, vous pouvez être redevable de la CFE (cotisation foncière des entreprises), généralement à partir de l’année suivant la création, avec des exonérations possibles selon la localisation et l’activité. Certaines activités peuvent aussi être concernées par d’autres contributions (ex. : taxe pour frais de chambre consulaire selon cas, etc.).

Régime social de l’entrepreneur individuel : cotisations, protection, pièges 🧷

En EI, vous relevez du régime des travailleurs non-salariés (TNS). Les cotisations financent la santé, la retraite, les allocations familiales, la CSG/CRDS, etc. Ce n’est pas “moins protecteur par nature”, mais la protection diffère : pas d’assurance chômage classique, indemnités parfois moins généreuses, nécessité de se couvrir (prévoyance, mutuelle, retraite supplémentaire) 🛡️

Base de calcul : selon votre régime

  • EI à l’IR (réel) : cotisations calculées sur le bénéfice.
  • Micro-entreprise : cotisations calculées sur le chiffre d’affaires (taux forfaitaires).
  • EI à l’IS : cotisations calculées sur la rémunération (et, selon règles, une partie des flux assimilables à distribution au-delà de certains seuils).

La conséquence est simple : en EI à l’IR, un bénéfice élevé déclenche des cotisations élevées, même si vous laissez l’argent sur le compte bancaire. À l’inverse, en micro, vous payez des charges même si vos dépenses sont très fortes (puisque c’est basé sur le CA). Chaque régime a sa logique.

Chômage : pas de chômage salarié, mais dispositifs possibles

Vous ne cotisez pas au chômage comme un salarié. En revanche, il existe l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) sous conditions. C’est une sécurité minimale, qui ne remplace pas une stratégie de protection (épargne de précaution + prévoyance).

Comptabilité et obligations en EI : micro, réel simplifié, réel normal 📚

Micro-entreprise : ultra simplifié

  • Livre des recettes (obligatoire)
  • Registre des achats (pour les activités de vente, notamment)
  • Facturation conforme, conservation des justificatifs

Régime réel : comptabilité plus structurée

Au réel, vous tenez une comptabilité complète (ou simplifiée selon régime), avec suivi de TVA, charges, immobilisations, amortissements, etc. Vous produisez des documents de synthèse (bilan, compte de résultat, annexes selon cas). Ce niveau de rigueur permet aussi de mieux piloter : marge, trésorerie, rentabilité, capacité d’investissement 📈

Patrimoine : la protection en EI depuis 2022 (et ses limites) 🛡️

Depuis la réforme, le principe est clair : séparation des patrimoines. Les créanciers professionnels ne peuvent en principe poursuivre que le patrimoine professionnel. C’est un progrès majeur par rapport à l’ancienne EI “classique” où le risque sur le patrimoine personnel inquiétait beaucoup.

Mais cette protection connaît des limites. Voici les situations à maîtriser :

  • Renonciation volontaire : vous pouvez renoncer à la protection au profit d’un créancier (souvent une banque) via une mention expresse.
  • Caution personnelle : en pratique, beaucoup de banques demandent une caution. Cela contourne la séparation patrimoniale si vous signez sans négocier.
  • Fraude ou manquements graves et répétés : la protection peut tomber.
  • Dettes fiscales/sociales : certaines règles de recouvrement peuvent viser le patrimoine personnel selon cas.
  • Procédure collective : en liquidation judiciaire, le tribunal peut étendre la responsabilité dans des cas spécifiques (faute de gestion, confusion, etc.).

Transmission et évolution : vendre, donner, transformer son EI 🧩

Vous pouvez céder votre activité (clientèle, fonds, éléments professionnels). Les mécanismes de transmission se sont modernisés, notamment avec la logique de transfert du patrimoine professionnel (selon conditions et modalités). En pratique, une cession se prépare comme une vente : inventaire, valorisation, contrats, bail, salariés, et communication aux parties prenantes.

Vous pouvez aussi passer de l’EI à une société (SASU, EURL…) pour accueillir un associé, optimiser une rémunération, ou structurer un développement. L’intérêt est souvent de basculer au bon moment : ni trop tôt (surcoûts), ni trop tard (opportunités ratées).

Pilotage : comment gérer une EI comme une “vraie” entreprise (même seul) 📊

Beaucoup d’entrepreneurs confondent “statut simple” et “gestion simple”. Or, une EI performante suit les mêmes fondamentaux qu’une PME :

  • Trésorerie : tableau mensuel encaissements/décaissements
  • Marge : coût de revient réel (temps + achats + sous-traitance)
  • Prix : ajustement selon charges et fiscalité (TVA, cotisations)
  • Facturation : process de relance dès J+7/J+14
  • Prévisionnel : même simple, il évite les mauvaises surprises

Erreurs courantes

  • Confondre micro-entreprise et entreprise individuelle : vous choisissez un régime, pas un statut différent, et les conséquences fiscales/sociales changent radicalement.
  • Oublier la TVA (ou la gérer trop tard) : dépassement de seuil, factures sans TVA, régularisations, marges “mangées” ⚠️
  • Sous-estimer les cotisations sociales : notamment en EI à l’IR quand le bénéfice grimpe, ou en micro quand les charges réelles sont élevées.
  • Mélanger compte perso et compte pro : ça complique la compta, fragilise la preuve en cas de contrôle, et brouille le pilotage.
  • Choisir un régime fiscal sans simulation : IR vs IS, micro vs réel… sans projection = décision à l’aveugle.
  • Signer une caution personnelle trop large : vous perdez une partie de la protection patrimoniale acquise depuis 2022.
  • Négliger les assurances (RC Pro, décennale, etc.) : un sinistre peut coûter plus cher que plusieurs années de bénéfice.

Bonnes pratiques

  • Faire une simulation sur 12 à 24 mois : CA, charges, TVA, impôt, cotisations, trésorerie 📊
  • Isoler les flux bancaires avec un compte dédié : lisibilité, contrôle, sérénité ✅
  • Mettre en place un process de facturation : devis signé, acompte, facture, relance, pénalités si besoin 🧾
  • Anticiper la TVA : seuils, dates, mentions obligatoires, paramétrage logiciel.
  • Documenter vos dépenses : justificatifs, notes de frais, usage pro/perso, règles de déduction.
  • Se couvrir : mutuelle, prévoyance, RC Pro, et une épargne de précaution 🛡️
  • Suivre 3 indicateurs chaque mois : CA encaissé, marge, trésorerie disponible.

Conseils de Socic

Chez SOCIC, on voit un point décisif chez les entrepreneurs qui réussissent en entreprise individuelle : ils ne “subissent” pas leur régime fiscal, ils le pilotent. Concrètement :

  • Ils choisissent micro ou réel selon leur structure de coûts, pas selon une idée reçue.
  • Ils sécurisent la TVA dès le départ (franchise ou TVA, mais jamais “au hasard”).
  • Ils anticipent les cotisations avec une trésorerie dédiée (un sous-compte ou une enveloppe mensuelle).
  • Ils structurent leur activité comme une entreprise : outils, process, KPIs, et décisions chiffrées ✅

Exemples concrets

Exemple 1 — Consultant B2B : micro ou réel ?

Camille facture 6 000 € par mois en conseil (72 000 €/an). Elle a peu de frais : logiciel, téléphone, coworking ponctuel, soit 6 000 €/an. En micro, elle paye des cotisations sur le CA, et l’impôt se calcule après abattement. Comme ses frais réels restent faibles, la micro-entreprise peut être efficace au démarrage ✅

Mais si Camille investit fortement en acquisition (pub, sous-traitance, déplacements), le réel devient souvent plus pertinent car elle déduit ses charges, récupère potentiellement la TVA, et pilote sa marge.

Exemple 2 — Artisan du bâtiment : TVA et assurances avant tout

Yanis se lance en rénovation. Il achète du matériel, un véhicule, et des matériaux. S’il reste en franchise de TVA alors qu’il achète beaucoup, il “perd” la TVA sur ses achats. Dans ce type d’activité, la TVA récupérable représente vite plusieurs milliers d’euros. Une EI au réel avec TVA devient souvent plus cohérente 📌

Autre point : assurance (RC Pro, parfois décennale) indispensable. L’économie d’une prime d’assurance ne compense jamais le risque d’un chantier litigieux ⚠️

Exemple 3 — E-commerce : attention aux seuils et à la gestion des achats

Sarah vend en ligne. Son CA grimpe rapidement, mais ses marges restent modestes, car elle achète du stock et paie de la pub. La micro-entreprise peut devenir défavorable : elle paie des charges sur un CA élevé alors que son bénéfice réel reste limité. Le passage au réel permet souvent de retrouver de la rentabilité grâce à la déduction des coûts (achats, logistique, pub) et à une gestion de TVA plus adaptée.

Exemple 4 — EI à l’IS : stratégie d’investissement

Mehdi génère un bénéfice important et veut réinvestir (matériel, recrutement, formation, outils). L’option IS peut l’aider à conserver plus de trésorerie dans l’activité après impôt, tout en maîtrisant son revenu personnel imposable. Cette approche fonctionne particulièrement bien si Mehdi ne dépend pas de 100% du bénéfice pour vivre, et s’il a un plan d’investissement clair 📈

Checklist

  • Définir l’activité exacte (libellé + code APE cohérent) ✅
  • Choisir le régime : micro ou réel (simulation à l’appui) 🧮
  • Décider TVA : franchise ou TVA collectée (selon clients et investissements)
  • Vérifier les conditions d’exercice (activité réglementée, assurances obligatoires)
  • Créer l’EI via le guichet unique (pièces prêtes, date de début maîtrisée)
  • Ouvrir un compte bancaire dédié (fortement recommandé)
  • Mettre en place un outil de facturation + archivage des justificatifs 🗂️
  • Prévoir une “enveloppe charges” mensuelle (cotisations + impôts) 💶
  • Organiser la relance clients (process écrit)
  • Prévoir protection : mutuelle, prévoyance, RC Pro, épargne de sécurité 🛡️
  • Suivre chaque mois : CA encaissé, marge, trésorerie 📊
  • Planifier un point annuel (ou semestriel) d’optimisation : IR vs IS, réel vs micro

FAQ

Question : Une entreprise individuelle et une micro-entreprise, c’est la même chose ?
Réponse : Le statut juridique peut être le même (entreprise individuelle). La micro-entreprise désigne un régime fiscal et social simplifié accessible à certaines EI sous conditions de chiffre d’affaires.

Question : Quels sont les plafonds de chiffre d’affaires micro-entreprise en 2026 ?
Réponse : En 2026, les plafonds annuels HT sont généralement de 203 100 € (achat/vente) et 83 600 € (prestations de services et activités libérales). Au-delà, vous basculez vers un régime réel selon les règles applicables.

Question : Peut-on opter pour l’IS en entreprise individuelle ?
Réponse : Oui. L’entrepreneur individuel peut demander l’option à l’IS. Cette décision impacte l’impôt, les cotisations sociales et la stratégie de rémunération. Une simulation sur plusieurs années reste la meilleure approche.

Question : En EI, mon patrimoine personnel est-il protégé ?
Réponse : Depuis la réforme 2022, le principe est la séparation des patrimoines (professionnel vs personnel). Toutefois, la protection peut être limitée notamment si vous signez une caution personnelle, si vous renoncez à la protection pour un créancier, ou en cas de fraude/manquements graves.

Question : Faut-il un compte bancaire professionnel en EI ?
Réponse : Un compte dédié devient obligatoire au-delà de 10 000 € de CA pendant 2 années consécutives. Même avant, il reste vivement recommandé pour séparer les flux et piloter l’activité.

Question : Quelles sont les obligations comptables d’une EI ?
Réponse : En micro, obligations très légères (livre des recettes, justificatifs, registre des achats selon activité). Au régime réel, vous tenez une comptabilité plus complète (charges, TVA, immobilisations, déclarations).

Question : Est-ce que l’EI permet de facturer sans TVA ?
Réponse : Oui si vous êtes en franchise en base (sous conditions). Dans ce cas, vous ne facturez pas la TVA et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Si vous sortez de la franchise, vous facturez la TVA et vous la déduisez sur vos dépenses.

Question : Peut-on embaucher en entreprise individuelle ?
Réponse : Oui. L’EI peut embaucher des salariés. La structure juridique n’empêche pas le développement : ce sont surtout la gestion, la trésorerie et l’organisation qui font la différence.

Question : Comment fermer une entreprise individuelle ?
Réponse : La cessation d’activité se déclare via le guichet unique. Ensuite, vous gérez les dernières obligations (TVA, résultats, cotisations sociales). La démarche administrative reste généralement plus simple qu’en société.

Question : Peut-on transformer une EI en SASU ou en EURL ?
Réponse : Oui. Beaucoup d’entrepreneurs démarrent en EI puis créent une société quand l’activité se stabilise ou quand ils veulent accueillir un associé, optimiser la rémunération, ou structurer la croissance.

Question : Quel statut choisir pour “tester” une activité en 2026 ?
Réponse : Souvent, l’EI (micro ou réel) constitue un excellent choix pour tester rapidement, avec des formalités allégées. Le bon régime dépend ensuite de vos charges, de votre TVA, et de vos objectifs (investissement, rémunération, croissance).

Conclusion sur l'entreprise individuelle

L’entreprise individuelle en 2026 combine vitesse de création, souplesse et (désormais) une protection patrimoniale nettement améliorée. Mais le vrai succès ne vient pas du statut : il vient des bons choix de régime (micro/réel), d’une gestion TVA propre, d’un pilotage mensuel et d’une stratégie de protection (assurances, épargne, organisation) 🛡️

En clair : une EI peut rester simple administrativement, tout en devenant une entreprise très solide économiquement. Quand vous pilotez les chiffres, vous reprenez la main sur la fiscalité, les charges et la trésorerie ✅

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Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

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