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Les avantages et les inconvénients de la SAS

La SAS (Société par Actions Simplifiée) séduit de plus en plus d’entrepreneurs, de freelances, de dirigeants de TPE et de créateurs d’entreprise en France.

Et pour cause : ce statut juridique offre une grande souplesse de fonctionnement, une fiscalité avantageuse dans certains cas, et un régime social protecteur pour son dirigeant.

Mais attention : la SAS n’est pas exempte d’inconvénients. Il est donc essentiel de bien comprendre ses caractéristiques avant de se lancer.

Dans cet article, nous vous proposons une analyse complète, actualisée en 2024, des avantages et des inconvénients de la SAS. Vous y trouverez également des conseils pratiques, des erreurs à éviter, des exemples concrets et une FAQ pour répondre à toutes vos questions.

Qu’est-ce qu’une SAS ?

La SAS, ou Société par Actions Simplifiée, est une forme juridique de société commerciale permettant une grande liberté dans son organisation. Créée par au moins deux associés (ou un seul dans le cas d’une SASU), elle est régie par les articles L.227-1 et suivants du Code de commerce.

En 2024, selon les données de l’INSEE, plus de 65 % des sociétés créées en France optent pour la SAS ou la SASU, confirmant la tendance observée depuis plusieurs années. À titre de comparaison, la SARL (Société à Responsabilité Limitée) représente environ 30 % des créations.

Pourquoi un tel engouement pour la SAS ?

La SAS attire pour plusieurs raisons, notamment :

  • La flexibilité dans la rédaction des statuts
  • Le régime social du dirigeant assimilé salarié
  • La possibilité de ne pas verser de rémunération au début de l’activité
  • La distribution de dividendes sans cotisations sociales (sous conditions)
  • La possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu pendant 5 ans

Avantage n°1 : Le statut social du président de SAS 👤

Le président de SAS est assimilé salarié. Cela signifie qu’il bénéficie du régime général de la sécurité sociale, ce qui est plus protecteur que celui des travailleurs non-salariés (TNS). Il cotise donc à :

  • La retraite de base et complémentaire
  • L’assurance maladie
  • L’assurance chômage (s’il est salarié avec contrat de travail, ce qui est rare)

Surtout, s’il ne se verse pas de rémunération, il ne paie aucune cotisation sociale. Un avantage de taille pour les créateurs d’entreprise qui souhaitent tester leur activité sans s’alourdir de charges dès le départ.

Avantage n°2 : Une souplesse statutaire 🧾

Contrairement à la SARL, dont le fonctionnement est très encadré par la loi, la SAS permet aux associés de définir librement :

  • Les règles de prise de décision
  • Les modalités de cession des actions
  • Les pouvoirs du président et des organes de direction

Cette souplesse est particulièrement appréciée dans les projets à plusieurs associés ou dans les levées de fonds.

Avantage n°3 : La fiscalité des dividendes 💰

Les dividendes versés dans une SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales, contrairement à ceux versés dans une SARL à un gérant majoritaire. Ils sont uniquement soumis :

  • À l’impôt sur le revenu via le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %
  • Ou au barème progressif si l’associé opte pour celui-ci

Ce régime peut être très avantageux pour les dirigeants souhaitant se rémunérer principalement via des dividendes, notamment les retraités ou les personnes ayant déjà une protection sociale.

Avantage n°4 : L’option pour l’impôt sur le revenu pendant 5 ans 🧾

Les SAS peuvent, sous certaines conditions, opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant leurs 5 premières années. Cela peut être intéressant :

  • Si la société est déficitaire : les pertes peuvent être imputées sur le revenu global du foyer fiscal
  • Si les associés bénéficient d’exonérations fiscales (ZFU, ZRR, etc.)

Avantage n°5 : Des droits d’enregistrement réduits en cas de cession 📉

En cas de cession d’actions de SAS, les droits d’enregistrement sont de 0,1 % du montant de la transaction, contre 3 % pour les parts sociales de SARL. Cela représente une économie significative en cas de transmission ou de revente.

Les inconvénients de la SAS ❗

Malgré ses nombreux atouts, la SAS comporte aussi des inconvénients qu’il ne faut pas négliger :

Inconvénient n°1 : Des charges sociales plus élevées 📈

Le président de SAS, en tant qu’assimilé salarié, supporte des cotisations sociales plus lourdes qu’un gérant TNS de SARL. Le taux global de charges peut atteindre environ 75 % du salaire net contre environ 45 % pour un TNS.

Inconvénient n°2 : Nécessité d’établir des fiches de paie 🧾

Le président de SAS doit recevoir une fiche de paie s’il est rémunéré. Cela implique :

  • La mise en place d’un logiciel de paie ou le recours à un cabinet
  • Des obligations déclaratives (DSN, URSSAF, etc.)

Ces formalités génèrent des coûts et de la complexité, surtout pour les très petites structures.

Inconvénient n°3 : Les dividendes ne sont pas déductibles 📉

Les dividendes versés ne sont pas déductibles du résultat imposable. Ils sont donc distribués après paiement de l’impôt sur les sociétés (IS) :

  • 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices (taux réduit 2024)
  • 25 % au-delà

Il peut donc être parfois plus intéressant de verser une rémunération soumise à cotisations sociales, mais déductible du bénéfice.

Erreurs courantes

  • Choisir la SAS uniquement pour éviter les cotisations sociales sans anticiper la fiscalité des dividendes
  • Oublier d’établir une fiche de paie pour le président rémunéré
  • Rédiger des statuts trop vagues ou mal adaptés à la réalité de l’entreprise
  • Ignorer les obligations comptables et sociales spécifiques à la SAS

Bonnes pratiques

  • Faire appel à un expert-comptable pour la rédaction des statuts
  • Comparer les charges sociales entre SAS et SARL selon votre situation
  • Prévoir une clause de sortie dans les statuts en cas de conflit entre associés
  • Mettre en place un logiciel de paie adapté ou externaliser cette tâche

Conseils de Socic

Chez Socic, nous accompagnons chaque année des dizaines de créateurs d’entreprise dans le choix de leur statut juridique. Notre conseil : ne choisissez pas la SAS par défaut ! Faites une simulation personnalisée selon votre situation familiale, vos revenus, vos objectifs à court et long terme. Une SAS peut être très avantageuse… ou pas du tout selon votre profil.

Exemples concrets

Exemple 1 : Julie, 58 ans, retraitée de la fonction publique, crée une activité de conseil. Elle opte pour une SASU et se verse uniquement des dividendes. Elle ne paie pas de cotisations sociales et optimise sa fiscalité.

Exemple 2 : Thomas, 35 ans, lance une start-up avec deux associés. Ils choisissent la SAS pour sa souplesse statutaire et anticipent une levée de fonds. Ils définissent dans les statuts des règles précises de gouvernance.

Exemple 3 : Lucas, 34 ans, crée une société digitale avec objectif de revente sous 5 ans. Il opte pour une SAS car ce statut facilite l’entrée d’investisseurs, la cession d’actions et la mise en place de mécanismes d’intéressement (BSPCE).

Exemple 5 : Romain, 45 ans, possède une agence marketing en SASU. Il crée une holding en SAS au-dessus pour lancer une seconde activité e-commerce et prendre des participations dans d’autres projets. La holding centralise les flux financiers et permet de mutualiser la trésorerie entre sociétés.

Exemple 6 : François, 60 ans, dirige une société industrielle en SAS. Pour préparer sa transmission, il apporte ses titres à une holding familiale en SAS, puis donne progressivement les parts de la holding à ses enfants. Cette organisation facilite la transmission et permet de conserver le contrôle pendant la transition.


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Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

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