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Exonération CVAE 2025 en QPV et ZFU-TE : plafonds revalorisés, conditions et plan d'action pour votre entreprise

Revalorisation des plafonds d'exonération CVAE 2025 en zones urbaines en difficulté (QPV, ZFU-TE) : montants, règles et actions

Les plafonds d'exonération ou d'abattement de CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) au titre de 2025 viennent d'être revalorisés pour les entreprises implantées en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ou en zones franches urbaines – territoires entrepreneurs (ZFU-TE). Dans les faits, cela peut réduire — ou neutraliser — une partie de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises… à condition d'être déjà dans le bon dispositif, au bon moment, avec les bons paramètres.

En tant qu'expert-comptable, notre objectif est simple : transformer une actualité fiscale en plan d'action ✅. L'enjeu n'est pas seulement de connaître les plafonds, mais aussi de comprendre :

  • à qui ces plafonds s'appliquent réellement (et à qui ils ne s'appliquent plus),
  • comment se calcule la CVAE et sur quoi portent les exonérations/abattements,
  • comment piloter l'implantation, l'établissement, la valeur ajoutée et la conformité déclarative,
  • quelles erreurs évitent de perdre un avantage fiscal parfois significatif.

Point clé 🔎 : en raison de la suppression progressive de la CVAE, le législateur a verrouillé l'accès à certaines exonérations/abattements facultatifs. En pratique, seules les entreprises qui bénéficiaient déjà, avant le 1er janvier 2024, d'une exonération facultative ou d'un abattement facultatif de CVAE peuvent continuer à en profiter. Une entreprise ne peut donc plus « entrer » aujourd'hui pour la première fois dans ces régimes facultatifs de CVAE, même si elle s'implante en zone éligible.

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Partie 1 — Comprendre la CVAE et ce que couvrent les exonérations/abattements en QPV et ZFU-TE

La CVAE : définition, entreprises concernées, logique de calcul

La CVAE fait partie de la contribution économique territoriale (CET) aux côtés de la CFE (cotisation foncière des entreprises). Là où la CFE repose sur des éléments fonciers, la CVAE se rattache à la valeur ajoutée produite par l'entreprise.

Idée opérationnelle à retenir : plus la valeur ajoutée par établissement est élevée, plus la CVAE « potentielle » augmente. Les dispositifs QPV/ZFU-TE créent des exonérations ou abattements sous réserve de plafonds et de conditions.

Attention : la CVAE a été engagée dans une trajectoire de suppression. Cela ne signifie pas « zéro formalité » : selon l'année, l'entreprise peut encore avoir des obligations déclaratives et des mécanismes de calcul, même si la charge fiscale diminue. Le pilotage reste indispensable.

Établissement vs entreprise : la notion qui change tout

Le texte vise les établissements situés en zones éligibles (QPV, ZFU-TE). En fiscalité locale, l'établissement est l'unité géographique d'exploitation (site, agence, boutique, atelier, entrepôt, etc.).

Conséquence directe : les plafonds annoncés sont des plafonds « par établissement ». Une même entreprise multi-sites peut donc avoir un établissement en QPV éligible à un abattement, et un autre établissement hors zone non éligible, avec une répartition de valeur ajoutée qui doit être cohérente et justifiable.

QPV et ZFU-TE : de quoi parle-t-on concrètement ?

QPV : quartiers classés prioritaires au titre de la politique de la ville. L'objectif est de soutenir l'activité économique et l’emploi dans des zones urbaines en difficulté.

ZFU-TE : zones franches urbaines dans leur version « territoire entrepreneur ». Les ZFU ont historiquement offert des allègements fiscaux sous conditions d'activité, de localisation et parfois d'effectifs/emploi local.

Important 🔔 : l'éligibilité ne se « déclare » pas au hasard. Elle se démontre par des éléments factuels (adresse, SIRET de l'établissement, date de création/transfert, nature d'activité, etc.).

Exonération vs abattement : différence et impact financier

Exonération : une partie (ou la totalité selon le régime) de la base peut être neutralisée, dans les limites d'un plafond. Résultat : la CVAE diminue fortement, parfois jusqu'à zéro au titre de l'établissement concerné.

Abattement : réduction de la base (ou de la valeur ajoutée retenue) dans certaines limites. L'effet est souvent plus progressif qu'une exonération totale.

Dans les deux cas, le régime s'applique dans la limite d'un plafond de valeur ajoutée par établissement — les fameux montants revalorisés en 2025.

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Partie 2 — Plafonds 2025 revalorisés (+0,7 %) : montants, lecture et conséquences

Pourquoi ces plafonds augmentent-ils ?

Les plafonds d'exonération/abattement sont réévalués chaque année selon la variation de l'indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac de l'ensemble des ménages. Pour la CVAE due au titre de 2025, l'évolution est de +0,7 % par rapport à 2024. Cette revalorisation peut sembler faible, mais elle peut éviter un effet de seuil dû à l'inflation et sécuriser un avantage fiscal sur un établissement à forte activité.

Les plafonds 2025 (CVAE due au titre de 2025)

Plafonds de valeur ajoutée par établissement applicables en 2025 :

ZonePlafond 2024Plafond 2025
Quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)162 226 €163 362 €
Zone franche urbaine – territoire entrepreneur (ZFU-TE)440 871 €443 957 €
QPV — entreprise exerçant une activité commerciale440 871 €443 957 €

Selon la zone et, dans un cas, la nature commerciale de l'activité, le plafond « haut » peut atteindre 443 957 € de valeur ajoutée par établissement.

Ce que ces plafonds veulent dire concrètement

Ces plafonds ne sont pas des subventions. Ils plafonnent la valeur ajoutée sur laquelle l'exonération/abattement s'applique :

  • Si la valeur ajoutée de l'établissement est inférieure au plafond, l'avantage peut jouer pleinement (selon les règles du régime).
  • Si elle est supérieure, la fraction au-delà du plafond ne bénéficie pas du même traitement.

Conseil : une simulation de valeur ajoutée par établissement, même approximative en cours d'année, permet de détecter tôt un dépassement de plafond et d'ajuster la stratégie. 💡

Le verrou majeur : plus de nouvelle entrée dans les exonérations/abattements facultatifs

Le point le plus important de l'actualité n'est pas le +0,7 %. C'est la règle de continuité :

En raison de la suppression progressive de la CVAE, seules les entreprises qui bénéficiaient avant le 1er janvier 2024 d'une exonération facultative ou d'un abattement facultatif de CVAE peuvent continuer à être exonérées.

Conséquences pratiques :

  • une entreprise qui s'implante aujourd'hui en QPV/ZFU-TE ne peut pas automatiquement demander ce régime facultatif de CVAE pour la première fois ;
  • les entreprises déjà bénéficiaires doivent sécuriser leur situation (traçabilité, conformité, cohérence des déclarations) ;
  • les projets immobiliers et décisions d'implantation doivent être analysés avec une vision « post-CVAE » (CFE, autres exonérations, aides locales, etc.).

Partie 3 — Comment sécuriser (ou préserver) l'avantage CVAE en 2025 : méthode, démarches et points de vigilance

Identifier si l'entreprise est dans le bon historique (avant le 01/01/2024)

Le préalable est d'établir un diagnostic historique :

  • l'entreprise (ou l'établissement) bénéficiait-elle déjà d'une exonération/abattement facultatif de CVAE avant le 1er janvier 2024 ?
  • disposez-vous d'un justificatif clair (avis, décision, délibération locale, éléments de dossier, liasses/annexes, traces de calcul) ?
  • y a-t-il eu un événement pouvant rompre la continuité (transfert, cessation, changement d'activité, restructuration) ?

Conseil : centralisez les preuves dans un dossier « Fiscalité locale » (CFE/CVAE) : avis d'imposition, imprimés, correspondances, éléments de localisation, extrait SIRENE, baux, plans, et un mémo de synthèse. En contrôle, la vitesse à produire des pièces vaut souvent de l'argent. 📌

Vérifier l'implantation exacte : l'adresse ne suffit pas toujours

Une adresse « dans la ville » ne signifie pas « dans le périmètre ». Il faut vérifier le périmètre QPV ou ZFU-TE, le SIRET de l'établissement concerné, les dates de création/transfert/fermeture, et la cohérence avec le bail, le registre du commerce, l'URSSAF et les assurances.

Bonne logique : l'administration raisonne par « établissement » et « périmètre ». Une imprécision d'adresse (ou un SIRET mal rattaché) suffit à fragiliser un avantage.

Piloter la valeur ajoutée par établissement : le nerf de la guerre

Les plafonds 2025 portent sur la valeur ajoutée par établissement. Dans les entreprises multi-sites, cela suppose un minimum d'organisation : ventilation analytique par établissement, traçabilité des refacturations internes, justification du personnel affecté, des surfaces et des moyens d'exploitation, cohérence entre chiffre d'affaires local, charges locales et réalité opérationnelle.

Conseil : si l'entreprise dépasse régulièrement les plafonds, le sujet ne devient pas inutile. Il devient un sujet de prévision et de documentation : l'avantage peut rester partiel, et l'administration attend une logique stable et explicable.

Anticiper l'articulation CVAE / CFE / autres aides locales

Avec la disparition progressive de la CVAE, il devient stratégique de regarder l'ensemble des dispositifs : CFE et ses exonérations possibles selon les zones, autres impôts locaux/économiques selon régimes, aides à l'implantation et à l’emploi, dispositifs « politique de la ville » (accompagnements, subventions, réseaux, marchés publics). Pour réduire le montant global de la CET (CFE + CVAE), plusieurs leviers peuvent être combinés.

Conseil : bâtissez un mini « business case fiscal local » sur 3 ans : CFE, taxes annexes, et coûts de conformité. Même si la CVAE disparaît, la fiscalité locale reste un poste budgétaire important.

Déclarations et calendrier : éviter la perte par non-conformité

La CVAE et la CET impliquent des déclarations et une cohérence entre données comptables, fiscales et administratives. À retenir : le respect du calendrier déclaratif (déclarations de valeur ajoutée, etc.), la cohérence entre liasses fiscales et données établissement, et la conservation des justificatifs de localisation et d'activité.

Point d'attention 🔎 : une exonération « historique » doit rester traçable. Une erreur de paramétrage, un changement de SIRET mal géré, ou une incohérence de ventilation peuvent suffire à générer un redressement (ou une remise en cause partielle).

Erreurs courantes à éviter sur les dispositifs CVAE en QPV et ZFU-TE

  • Confondre entreprise et établissement : appliquer le plafond globalement au lieu de raisonner « valeur ajoutée par établissement ».
  • Penser qu'une implantation en QPV/ZFU-TE suffit : depuis le verrou lié à la suppression de la CVAE, une entreprise ne peut plus demander pour la première fois certains régimes facultatifs si elle n'en bénéficiait pas avant le 01/01/2024.
  • Mal qualifier l'activité (commerciale ou non) : une mauvaise qualification peut conduire à utiliser le mauvais plafond ou le mauvais régime.
  • Ne pas documenter le périmètre exact : adresse approximative, SIRET non mis à jour, justificatifs absents (bail, plan, extrait SIRENE, preuve d'occupation).
  • Découvrir le dépassement de plafond trop tard : aucune simulation de valeur ajoutée en cours d'exercice, donc aucune anticipation budgétaire.
  • Ventiler la valeur ajoutée « au hasard » : refacturations internes incohérentes, analytique inexistante, explications instables d'une année à l'autre.
  • Oublier l'effet restructuration : fusion, apport partiel d'actif, transfert d'activité, fermeture d'un site… et perte de la continuité de l'avantage faute d'analyse.

Conseil : une erreur sur la fiscalité locale coûte souvent plus cher en temps qu'en impôt initial. Mettez le dossier « zones » au même niveau de sérieux que la TVA. ✅

Bonnes pratiques pour sécuriser l'avantage CVAE en 2025

  • Constituer un dossier de preuve : avis, imprimés, décisions, éléments de localisation, historique avant 01/01/2024.
  • Raisonner par établissement : suivi SIRET, adresse, effectifs, activité, moyens d'exploitation, valeur ajoutée affectée.
  • Faire une simulation annuelle (au moins au T3) de la valeur ajoutée par établissement pour anticiper un dépassement de plafond.
  • Stabiliser une méthode de ventilation (analytique simple, clés de répartition documentées) et la conserver d'une année à l'autre.
  • Intégrer la stratégie post-CVAE : CFE et ses exonérations, autres aides locales, coûts immobiliers, accès aux talents, logistique.
  • Mettre à jour les données administratives (SIRET, adresse, activité) en synchronisant juridique, fiscal et social.

Les conseils Socic pour piloter votre fiscalité locale

Priorité à la sécurisation, pas à « l'optimisation théorique »

Quand un avantage fiscal devient « historique » (condition d'antériorité avant 2024), la meilleure stratégie consiste à le sécuriser : continuité, pièces, cohérence déclarative. L'optimisation agressive (ventilations instables, artifices) fragilise tout.

Éviter l'angle mort « établissement »

Dans beaucoup de TPE/PME, on suit la fiscalité au niveau société. Pour les impôts locaux, c'est souvent l'inverse : l'établissement est la brique de base. Un simple changement de site, même à quelques rues, peut tout changer. Consultez notre guide sur les exonérations de CFE selon les zones géographiques pour bien articuler les deux impôts.

Mettre la fiscalité locale dans le prévisionnel

Même si la CVAE disparaît progressivement, la fiscalité locale reste un poste durable (CFE, taxes annexes). Pour aller plus loin, nos articles sur les astuces pour réduire la facture fiscale de votre entreprise et sur la valeur ajoutée et son calcul vous aideront à construire un prévisionnel solide.

Écrire une note interne en cas de changement (transfert, fermeture, nouvelle agence)

Une page suffit : date, raison, impacts fiscaux, nouvelles références SIRET/adresse, et pièces justificatives. Cette note vaut de l'or en cas de contrôle ou de turnover interne.

Exemples concrets d'application des plafonds CVAE 2025

Exemple 1 — Boutique en QPV : plafond 2025 à 163 362 €

Une société exploite une boutique (établissement A) située en QPV. Sa valeur ajoutée « attribuable » à l'établissement ressort à 160 000 € en 2025. Le plafond 2025 QPV est de 163 362 €.

La valeur ajoutée reste sous le plafond : l'établissement peut bénéficier de l'exonération/abattement (si l'entreprise est éligible et déjà bénéficiaire avant 2024 pour un dispositif facultatif). La revalorisation 2025 sécurise l'avantage : en 2024, un léger dépassement aurait pu arriver plus vite selon l'inflation.

Exemple 2 — Atelier en ZFU-TE : plafond 2025 à 443 957 €

Une PME de fabrication a un atelier en ZFU-TE (établissement B). Sa valeur ajoutée par établissement atteint 470 000 € en 2025.

L'avantage se calcule dans la limite du plafond de 443 957 €. La fraction au-delà (470 000 – 443 957 €) ne profite pas du même traitement. Le réflexe utile : mettre en place un suivi trimestriel de la valeur ajoutée et documenter la ventilation (personnel, surface, machines, flux).

Exemple 3 — Entreprise multi-sites : un établissement en QPV, un autre hors zone

Une société de services a deux agences : l'agence C en QPV, l'agence D hors zone. Si la société ventile mal ses charges/produits, elle risque de surestimer la valeur ajoutée en QPV et de dépasser inutilement le plafond, ou de sous-estimer et de ne pas pouvoir justifier la ventilation en cas de contrôle.

Bonne approche : une analytique simple (CA par agence, charges directes, clé sur frais de siège) et une documentation annuelle stable.

Exemple 4 — Transfert d'établissement : le risque de rupture

Une entreprise historiquement bénéficiaire d'un abattement facultatif déménage son établissement au 1er juin 2025. Le nouvel emplacement est « proche », mais hors périmètre exact QPV. Le fait d'être « dans la même ville » ne protège pas l'avantage. La perte d'éligibilité peut entraîner une hausse d'imposition locale.

Réflexe : vérifier le périmètre avant signature du bail et simuler l'impact CFE/CVAE. ☝️ Notre article sur les exonérations de CFE selon les zones vous donne les clés pour anticiper.

Checklist CVAE QPV / ZFU-TE 2025

  • Identifier les établissements concernés (SIRET, adresse, dates de création/transfert).
  • Vérifier l'implantation exacte dans le périmètre QPV ou ZFU-TE (preuves à l'appui).
  • Confirmer l'éligibilité « historique » : bénéfice d'une exonération/abattement facultatif avant le 01/01/2024.
  • Appliquer les plafonds 2025 : 163 362 € (QPV) ; 443 957 € (ZFU-TE) ; 443 957 € (QPV activité commerciale).
  • Mettre en place une estimation de la valeur ajoutée par établissement (au moins une fois dans l'année).
  • Stabiliser et documenter une méthode de ventilation multi-établissements.
  • Sécuriser les déclarations et archiver les justificatifs (dossier fiscalité locale).
  • Intégrer l'après-CVAE : CFE, autres exonérations, aides locales, impact trésorerie.

FAQ — Plafonds d'exonération CVAE 2025 en QPV et ZFU-TE

Quels sont les plafonds d'exonération/abattement CVAE 2025 en QPV et ZFU-TE ?

Pour la CVAE due au titre de 2025, les plafonds de valeur ajoutée par établissement sont : 163 362 € en QPV ; 443 957 € en ZFU-TE ; et 443 957 € en QPV lorsque l'entreprise exerce une activité commerciale.

De combien les plafonds 2025 ont-ils augmenté par rapport à 2024 ?

Les plafonds 2025 ont évolué de +0,7 % par rapport à ceux de 2024, selon la réévaluation basée sur l'IPC hors tabac.

Ces plafonds s'appliquent-ils par entreprise ou par établissement ?

Ils s'appliquent par établissement. C'est déterminant pour les entreprises multi-sites, car la valeur ajoutée doit être ventilée de manière cohérente.

Une entreprise peut-elle demander en 2025 une exonération facultative de CVAE pour la première fois en QPV ou ZFU-TE ?

Non. En raison de la suppression progressive de la CVAE : seules les entreprises qui bénéficiaient avant le 1er janvier 2024 d'une exonération facultative ou d'un abattement facultatif de CVAE peuvent continuer à en bénéficier.

Que signifie « QPV (activité commerciale) » avec un plafond plus élevé ?

Le plafond applicable à la valeur ajoutée par établissement est plus élevé dans ce cas (443 957 € au lieu de 163 362 €). En pratique, la qualification de l'activité (commerciale ou non) doit être fiable et documentée.

Comment vérifier qu'un établissement est bien situé en QPV ou en ZFU-TE ?

Il faut vérifier le périmètre exact et l'associer au SIRET de l'établissement (adresse, date d'implantation, justificatifs). Une adresse « proche » ou « dans la même commune » ne suffit pas.

Que se passe-t-il si la valeur ajoutée dépasse le plafond 2025 ?

L'exonération ou l'abattement s'applique dans la limite du plafond. La fraction de valeur ajoutée au-delà ne bénéficie pas du même traitement, ce qui peut augmenter la CVAE due. C'est pourquoi une simulation trimestrielle est recommandée.

Quels documents conserver pour sécuriser l'avantage en cas de contrôle ?

Avis d'imposition, déclarations, éléments prouvant la localisation (bail, plans, preuves d'occupation), extrait SIRENE/SIRET, historique démontrant le bénéfice avant 01/01/2024, et note interne expliquant la ventilation par établissement.

La suppression progressive de la CVAE rend-elle le sujet inutile ?

Non. Des obligations déclaratives peuvent subsister selon les périodes. Et la fiscalité locale ne se limite pas à la CVAE : la CFE et d'autres paramètres restent structurants. Il faut piloter l'ensemble.

Quelles sont les erreurs les plus coûteuses sur ces dispositifs ?

Les plus coûteuses sont : confondre entreprise/établissement, ne pas vérifier le périmètre exact, oublier le verrou « avant 01/01/2024 », et ventiler la valeur ajoutée sans méthode stable ni documentation.

Comment intégrer ces plafonds dans la gestion 2025 d'une TPE/PME ?

En mettant en place une routine simple : vérification annuelle de l'éligibilité et des adresses/SIRET, simulation de valeur ajoutée par établissement (au moins au T3), archivage des preuves, et mise à jour du prévisionnel de fiscalité locale. Nos conseillers peuvent vous accompagner dans cette démarche.

Existe-t-il des dispositifs complémentaires pour réduire la fiscalité locale ?

Oui. Au-delà de la CVAE, plusieurs leviers existent : exonérations de CFE selon les zones et la nature de l'activité, dégrèvement de la CET (CFE + CVAE) en cas de dépassement de 3 % de la valeur ajoutée, et aides locales à l'implantation. Consultez également notre dossier Optimiser mes impôts pour une vision d'ensemble.

Conclusion

La revalorisation des plafonds d'exonération/abattement de CVAE au titre de 2025 en QPV et ZFU-TE (+0,7 %) constitue une bonne nouvelle, mais l'essentiel se joue ailleurs : le cadre est désormais verrouillé pour les dispositifs facultatifs, avec une continuité réservée aux entreprises déjà bénéficiaires avant le 1er janvier 2024.

La meilleure stratégie combine trois réflexes : raisonner par établissement, piloter la valeur ajoutée et documenter. Avec cette méthode, les plafonds 2025 (163 362 € et 443 957 €) deviennent un outil de pilotage concret, et non une simple ligne d'actualité. ✅

Pour aller plus loin sur la fiscalité locale et l'optimisation de vos impôts, retrouvez tous nos articles dans la rubrique Optimiser mes impôts.

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Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

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