Si vous détenez un bien en location meublée non professionnelle (LMNP), la réforme plus-value immobilière LMNP change concrètement la donne : les amortissements déduits en BIC viennent désormais réduire la valeur d'acquisition retenue pour la plus-value… et la réintégration vise aussi les amortissements pratiqués avant 2025, dès lors que la cession intervient après l'entrée en vigueur du dispositif. Ce n'est pas une nuance : c'est un pivot fiscal majeur pour les entrepreneurs et investisseurs au réel.
Cette clarification s'appuie sur :
- l'article 84 de la loi de finances pour 2025 (promulguée le 14 février 2025) ;
- une réponse ministérielle publiée le 24 mars 2026 (question n°10097), confirmant que la réintégration s'applique aux cessions réalisées à compter du 15 février 2025, quelle que soit la date de mise en location.
Objectif de cet article : vous donner une lecture opérationnelle, chiffrée et sécurisée, avec les bons réflexes de dossier (expert-comptable / notaire), des stratégies licites et des points d'attention qui évitent les mauvaises surprises.
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Partie 1 – Cadre fiscal LMNP et évolution de la règle de plus-value
1. LMNP : rappel du cadre fiscal
Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) s'applique lorsque vous louez un logement meublé et que vous ne remplissez pas les critères du LMP (loueur en meublé professionnel). En pratique, beaucoup d'entrepreneurs et dirigeants de TPE investissent via :
- un studio ou 2 pièces en location meublée « classique » ;
- un bien en résidence services (étudiante, seniors, affaires) ;
- un meublé de tourisme (avec règles spécifiques).
Sur le plan déclaratif, les revenus LMNP relèvent des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) :
- Micro-BIC : abattement forfaitaire, pas d'amortissement déduit ;
- Régime réel : déduction des charges + amortissements.
Historiquement, l'un des grands intérêts du LMNP au réel était double : (1) réduire fortement l'impôt sur les loyers grâce aux amortissements, et (2) lors de la revente, calculer la plus-value selon le régime des plus-values immobilières des particuliers sans reprendre les amortissements. Cette asymétrie a été corrigée. Pour aller plus loin sur le fonctionnement des BIC et le choix du régime fiscal en location meublée, consultez notre guide dédié.
2. Avant 2025 : une plus-value « déconnectée » des amortissements
Avant la loi de finances pour 2025, un LMNP au réel pouvait amortir le bien (hors terrain) sur une durée longue, ce qui diminuait le résultat imposable BIC. En cas de vente, la plus-value immobilière se calculait classiquement :
- Prix de vente (net vendeur, corrigé de certains frais)
- moins prix d'acquisition (majoré des frais d'acquisition et travaux éligibles)
- = plus-value brute
puis application des abattements pour durée de détention (IR et prélèvements sociaux), puis taxation. Les amortissements BIC n'entraient pas dans ce calcul. Le contribuable bénéficiait donc d'un avantage en « double détente » : économies d'impôt pendant la détention + plus-value non augmentée par les amortissements.
3. Depuis le 15 février 2025 : la logique d'équité et l'alignement
L'article 84 de la loi de finances pour 2025 aligne le traitement sur celui des loueurs professionnels (logique d'« équité fiscale »). Désormais :
- les amortissements (et, selon les cas, certaines dépréciations) pratiqués en LMNP au réel viennent diminuer la valeur d'acquisition retenue pour calculer la plus-value ;
- mécaniquement, la plus-value brute augmente.
Traduction simple : si vous avez « gagné » de l'impôt sur les loyers grâce aux amortissements, l'administration considère désormais que ces amortissements doivent être « pris en compte » lors de la revente. Pour une analyse complète de cette réforme de la location meublée pour 2025, consultez notre article dédié.
4. Clarification 2026 : les amortissements antérieurs à 2025 sont aussi concernés
De nombreux praticiens s'interrogeaient sur la portée temporelle : fallait-il réintégrer seulement les amortissements « post-2025 » ? La réponse ministérielle publiée le 24 mars 2026 indique que la mesure s'applique :
- à toutes les cessions réalisées à compter du 15 février 2025 ;
- quelle que soit la date de mise en location du bien ;
- donc avec réintégration des amortissements pratiqués avant 2025, si la vente intervient après l'entrée en vigueur.
L'argument avancé : il ne s'agirait pas d'une rétroactivité au sens strict, car le fait générateur de l'impôt sur la plus-value est la cession, postérieure au changement de règles. On modifie l'assiette applicable au fait générateur futur.
⚠️ Point de vigilance : la doctrine administrative (BOFiP) a vocation à préciser les modalités. En pratique, préparez votre dossier comme si la réintégration portait sur l'ensemble des amortissements cumulés (avant et après 2025), dès lors que la vente est postérieure au 15 février 2025.
Partie 2 – Mécanisme de calcul, exemples chiffrés et cas particuliers
1. Le mécanisme de calcul : comment les amortissements « augmentent » la plus-value
Le principe technique est simple. On calcule une valeur d'acquisition « corrigée » en retranchant les amortissements déduits. La différence avec le prix de vente devient plus importante :
Plus-value brute = Prix de cession – (Prix d'acquisition + frais + travaux – amortissements retenus)
Si les amortissements cumulés sont élevés, la base de plus-value brute augmente d'autant.

2. Quels amortissements sont concernés ?
En LMNP au réel, vous amortissez généralement : la construction (hors valeur du terrain), les composants (toiture, façade, installations techniques) si vous pratiquez une comptabilité « par composants », le mobilier (souvent sur 5 à 10 ans), et parfois des travaux immobilisés. Pour une présentation détaillée des durées et taux d'amortissement en location meublée, consultez notre guide complet.
Dans une approche « réflexe dossier », on distingue :
- Amortissements du bâti : ceux qui pèsent le plus lourd sur la plus-value ;
- Amortissements du mobilier : selon les modalités définitives, ils peuvent aussi entrer dans le champ (à suivre dans la doctrine) ;
- Amortissements antérieurs à 2025 : ils ne sont pas « protégés » si la vente est postérieure au 15 février 2025.
💡 Conseil : conservez et centralisez un état annuel des amortissements cumulés (liasse fiscale, tableaux d'amortissements, détail par composants). En cas de vente, c'est l'élément clé que le notaire et/ou votre conseil devra exploiter. Consultez également notre article sur les amortissements et déficits en location meublée pour maîtriser ces mécanismes.
3. Les dates clés à connaître
Trois dates structurent l'analyse :
- 14 février 2025 : promulgation de la loi ;
- 15 février 2025 : entrée en vigueur opérationnelle pour les cessions ;
- 24 mars 2026 : clarification ministérielle sur la portée (amortissements « pré-2025 » inclus).
La date déterminante est celle du fait générateur : la cession. En pratique, on retient la date de l'acte authentique chez le notaire (et non le compromis), sauf situations particulières. C'est un point à piloter si vous êtes en arbitrage de calendrier.
4. Conséquences fiscales : IR, prélèvements sociaux, surtaxe
Les plus-values immobilières des particuliers supportent généralement :
- impôt sur le revenu au taux proportionnel (classiquement 19 %) ;
- prélèvements sociaux (classiquement 17,2 %) ;
- et éventuellement une surtaxe au-delà de certains seuils de plus-value nette imposable.
Ensuite s'appliquent les abattements pour durée de détention, avec un rythme différent pour l'IR et les prélèvements sociaux, et une exonération totale à long terme selon les règles en vigueur. Pour le détail complet du calcul, consultez notre article plus-values en cas de vente d'un bien en location meublée.
Impact concret de la réforme : les amortissements réintégrés augmentent la plus-value brute. Même si vous bénéficiez d'abattements pour durée de détention, la hausse de la base peut faire passer la plus-value nette au-dessus d'un seuil de surtaxe ou augmenter le montant soumis aux prélèvements sociaux.
5. Pourquoi cela change la stratégie de sortie pour les entrepreneurs
En TPE/PME, le LMNP sert souvent à diversifier le patrimoine, préparer une retraite, construire une capacité d’emprunt ou stabiliser des revenus. La réforme impose une vision « cycle de vie » : vous optimisez pendant la détention via amortissements, et vous arbitrez la fiscalité à la sortie via plus-value (désormais plus élevée). Voir aussi notre comparatif LMNP vs LMP : quel statut choisir ?
Conséquence pratique : il faut simuler non seulement l'impôt annuel, mais aussi l'impôt de sortie dès l'acquisition (ou a minima avant toute revente). C'est souvent le grand oublié.
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Contacter un expert-comptable en ligne →Partie 3 – Méthode opérationnelle, exemples chiffrés et cas particuliers
1. Méthode en 6 étapes pour préparer un calcul de plus-value LMNP
Pour sécuriser un dossier, procédez ainsi :
- Identifier le régime exact — LMNP au réel (avec amortissements) ou micro-BIC (sans amortissement). La réforme vise surtout les situations avec amortissements déduits.
- Rassembler le socle « notarial » — acte d'acquisition (prix, ventilation, frais), factures de travaux éligibles, mandats et frais de vente.
- Extraire l'historique des amortissements — tableaux d'amortissements (bâti, composants, mobilier), liasses fiscales (2031/2033), grand-livre immobilisations.
- Reconstituer les amortissements cumulés à la date de cession — figez le cumul à la date de vente, pas à la date de clôture comptable si elles diffèrent.
- Calculer la plus-value brute avec valeur d'acquisition corrigée — on applique les règles de plus-value immobilière en intégrant la minoration par amortissements.
- Appliquer abattements, surtaxe et établir la cohérence globale — durée de détention, montant net imposable, seuils de surtaxe, et concordance des chiffres entre comptabilité LMNP et dossier notarial.
💡 Conseil : anticipez ce travail avant de signer un compromis. Une simulation à 15 minutes « au doigt mouillé » se paye souvent très cher à l'acte, quand il devient difficile de renégocier.
2. Exemples chiffrés avant/après réforme
Exemple 1 — Studio LMNP au réel, amortissements importants (cas fréquent)
Hypothèses : achat en 2016 à 200 000 € (frais inclus pour simplifier) ; amortissements cumulés 2016-2024 : 45 000 € ; amortissements 2025 jusqu'à la vente : 5 000 € ; vente en 2026 à 260 000 €.
| Schéma | Valeur d'acquisition retenue | Plus-value brute |
|---|---|---|
| Avant réforme (schéma ancien) | 200 000 € | 60 000 € |
| Depuis réforme (cession post 15/02/2025) | 200 000 – 50 000 = 150 000 € | 110 000 € |
La plus-value brute augmente de 50 000 €, soit exactement le cumul d'amortissements retenus dans l'assiette. Même avec des abattements pour durée de détention, l'impact en trésorerie peut être très significatif.
Exemple 2 — LMNP au micro-BIC : impact limité
En micro-BIC, aucun amortissement n'est déduit : la réforme a peu d'effet sur la plus-value à la revente. En revanche, le micro-BIC a ses propres limites (abattement forfaitaire, plafonds, optimisation moindre sur la durée). Le sujet se traite surtout au moment du choix micro vs réel, pas à la sortie.
Exemple 3 — Vente juste après l'entrée en vigueur : amortissements pré-2025 pris en compte
Hypothèses : achat en 2018, mise en location en 2018, amortissements 2018-2024 : 30 000 €, vente en mars 2025. La vente est postérieure au 15/02/2025. Selon la clarification du 24/03/2026, les 30 000 € d'amortissements antérieurs à 2025 entrent dans la logique de réintégration. C'est précisément le point que beaucoup d'investisseurs n'avaient pas anticipé.
3. Cas particuliers à connaître
a) Résidences services (étudiantes, seniors, EHPAD, affaires)
La comptabilité LMNP y est souvent très industrialisée (amortissements réguliers, mobilier, composants). Le cumul d'amortissements peut être élevé, et l'écart avec l'ancien régime peut surprendre à la revente. Il faut aussi intégrer les contraintes de marché (liquidité, décote, bail commercial).
b) Meublé de tourisme, courte durée
Si vous avez amorti fortement au réel, la plus-value potentielle peut être sensiblement plus taxée. On gagne souvent à simuler plusieurs scénarios (vente rapide vs détention longue).
c) Indivision, couple, démembrement
En indivision, chaque quote-part suit le régime de plus-value des particuliers, mais la reconstitution des amortissements peut se complexifier. En démembrement, la détermination de l'assiette peut devenir technique : un dossier « propre » comptablement et notarialement est indispensable.
d) SCI à l'IS vs détention en nom propre
Ce sont deux mondes fiscaux différents. La réforme 2025 réduit l'écart « psychologique » entre LMNP et structures à l'IS sur la question de la sortie, mais ne les rend pas équivalentes. Pour comparer les régimes, consultez notre article régimes fiscaux de la location meublée : LMNP, LMP, quel statut choisir ?
e) LMNP qui bascule en LMP
Un changement de statut (selon les seuils et conditions applicables) peut modifier la logique d'imposition et les conséquences à la sortie. Si vous approchez des seuils, pilotez votre trajectoire. Pour approfondir la différence de traitement des plus-values selon le statut, lisez notre article sur les plus-values en location meublée LMP/LMNP.
4. Plan d'action concret avant de vendre
Pour vendre intelligemment, pilotez 4 leviers :
- Le calendrier : durée de détention et abattements ; date de l'acte authentique ; préparation des chiffres.
- La documentation : amortissements cumulés, travaux, justificatifs.
- Le prix net : négociation du net vendeur et des frais de cession.
- Le scénario patrimonial : arbitrage vente vs conservation vs transmission.
💡 Conseil : une simulation « vente » doit intégrer une hypothèse de réintégration complète des amortissements (y compris antérieurs à 2025), puis être stress-testée (prix de vente -5 %, +5 %, durée +2 ans, etc.). C'est l'approche la plus robuste.

Erreurs courantes à éviter
1. Croire que seuls les amortissements depuis 2025 sont réintégrés
La clarification ministérielle du 24 mars 2026 indique que la règle s'applique aux cessions postérieures au 15 février 2025, sans distinguer l'année de l'amortissement. Le « stock » pré-2025 compte aussi.
2. Ne pas savoir produire un état fiable des amortissements cumulés
Sans tableaux d'amortissements propres (bâti, composants, mobilier), le calcul devient fragile. En cas de contrôle ou de discussion avec le notaire, vous perdez du temps… et parfois la maîtrise du calendrier de vente. Voir notre article sur la valorisation d'un bien immobilier à l'actif du bilan pour sécuriser cette base.
3. Confondre fiscalité BIC (exploitation) et fiscalité de plus-value (cession)
Les logiques sont différentes : d'un côté, résultat BIC ; de l'autre, régime des plus-values immobilières. La réforme crée une passerelle via la réintégration, mais les règles restent distinctes.
4. Oublier l'effet « seuil » de la surtaxe sur les grosses plus-values
Une augmentation de la plus-value nette imposable peut vous faire entrer dans une tranche de surtaxe. Une simulation sans cette composante sous-estime l'impôt de sortie.
5. Décider de vendre avant d'avoir arbitré travaux, frais et justificatifs
Certaines dépenses peuvent majorer le prix d'acquisition (selon conditions). Si vous ne reconstituez pas le dossier, vous payez trop d'impôt « par défaut ».
6. Se fier uniquement au compromis pour « dater » la cession
Dans la plupart des cas, l'impôt se cristallise à l'acte authentique. Piloter une date de signature sans coordination notaire/conseil est risqué.
✅ Le bon réflexe : faire valider une simulation par un expert-comptable (BIC/amortissements) et la faire « atterrir » chez le notaire (plus-value). C'est la jonction qui sécurise le dossier.
Bonnes pratiques pour sécuriser votre dossier LMNP
1. Mettre à jour un « dossier de cession » chaque année
Un simple PDF annuel avec amortissements cumulés, valeur nette comptable, liste des travaux et annexes (factures) évite 80 % des blocages au moment de vendre.
2. Ventiler correctement terrain / construction dès l'acquisition
Le terrain n'est pas amortissable. Une ventilation réaliste et documentée sécurise la comptabilité et limite les discussions ultérieures.
3. Distinguer travaux en charges vs travaux immobilisés
Les choix comptables ont un impact : charges immédiates (résultat) vs immobilisation (amortissements). À la sortie, la traçabilité est clé.
4. Simuler la fiscalité de sortie avant arbitrage de vente
Une vente « rentable » au prix affiché peut devenir moins attractive après réintégration des amortissements. Une simulation sérieuse permet de négocier en connaissance de cause.
5. Coordonner expert-comptable et notaire
Le notaire calcule la plus-value, mais il n'a pas toujours l'historique BIC détaillé. Transmettre un état clair des amortissements cumulés accélère et sécurise.
6. Penser stratégie patrimoniale, pas seulement fiscale
Conservation plus longue, refinancement, donation, arbitrage vers un autre actif : la « bonne » décision dépend de vos objectifs (cash, retraite, transmission). Pour une vision globale, consultez notre guide complet LMNP 2026.
Les conseils de SOCIC
1. Traitez l'amortissement comme une avance fiscale, pas comme un cadeau définitif
L'amortissement LMNP reste un outil puissant pour lisser l'impôt sur les loyers. Mais depuis 2025, il faut le voir comme une optimisation « pendant la détention » qui peut se payer « à la sortie » via une plus-value plus élevée. Le bon pilotage consiste à mesurer les deux faces.
2. Faites une « revue de cohérence » avant toute mise en vente
La logique la plus efficace consiste à vérifier trois cohérences :
- 👉 cohérence comptable (amortissements, immobilisations, composants) ;
- 👉 cohérence fiscale (BIC, traitement des travaux, régularisations) ;
- 👉 cohérence notaire (prix d'acquisition majoré, justificatifs, calcul de plus-value).
3. Négociez avec des chiffres nets en tête
Un prix de vente se négocie mieux quand vous connaissez votre impôt de sortie estimatif et votre net après impôts. C'est un outil de décision, mais aussi un outil de négociation.
4. Préparez l'après-vente
Si vous revendez pour réinvestir (SCPI, autre bien, société, remploi), modélisez la nouvelle trajectoire (rentabilité nette, fiscalité, liquidité). La réforme 2025 renforce l'intérêt d'une vision « portefeuille ».
Exemples concrets
Exemple A — Entrepreneur au réel depuis 10 ans : « je ne m'attendais pas à ça »
Un dirigeant loue un T2 meublé depuis 2014 en LMNP réel. Il amortit régulièrement le bâti (hors terrain) et le mobilier. En 2026, il vend pour financer un projet d'entreprise. Sur 12 ans, il a cumulé un volume d'amortissements élevé. Avant réforme, il estimait sa plus-value brute autour de 70 k€. Après intégration des amortissements cumulés, la base grimpe fortement. Le choc vient surtout du fait que les amortissements antérieurs à 2025 entrent dans le calcul puisque la vente intervient après le 15/02/2025.
Morale : la vente d'un actif LMNP devient un acte de gestion patrimoniale majeur, pas une simple formalité.
Exemple B — Investisseur micro-BIC : revente plus « lisible », mais impôt annuel plus élevé
Un indépendant resté au micro-BIC paie plus d'impôt chaque année qu'au réel, mais à la vente il n'a pas de réintégration d'amortissements. Selon la durée de détention et les abattements, son impôt de sortie peut être plus prévisible. En revanche, ce n'est pas automatiquement « meilleur » : il faut comparer le coût fiscal total sur toute la durée.
Exemple C — Arbitrage : garder 3 ans de plus pour optimiser les abattements
Dans certains dossiers, la réintégration augmente la plus-value brute, mais une détention plus longue peut améliorer les abattements et réduire l'impôt net. Attention : ce n'est pas systématique (prix de marché, cash-flow, opportunité de revente, surtaxe). Une simulation multi-scénarios est la seule approche sérieuse.
Checklist avant de vendre un bien LMNP
- Vérifier la date de cession envisagée (acte authentique) et son impact post 15/02/2025
- Identifier le régime : LMNP réel (amortissements) ou micro-BIC
- Extraire un état des amortissements cumulés (y compris antérieurs à 2025)
- Reconstituer le prix d'acquisition majoré (frais + travaux éligibles, justificatifs)
- Vérifier la ventilation terrain / construction et la cohérence comptable
- Simuler la plus-value brute et la plus-value nette (abattements + surtaxe éventuelle)
- Anticiper la trésorerie : net vendeur après impôts et frais
- Coordonner expert-comptable et notaire (mêmes chiffres, mêmes hypothèses)
- Archiver le dossier (factures, tableaux, annexes) pour sécuriser en cas de contrôle
FAQ – Plus-value LMNP et réintégration des amortissements
Depuis quand la réintégration des amortissements LMNP s'applique-t-elle ?
Elle s'applique aux cessions réalisées à compter du 15 février 2025 (lendemain de la promulgation de la loi de finances pour 2025).
Les amortissements pratiqués avant 2025 sont-ils concernés ?
Oui. Selon la réponse ministérielle publiée le 24 mars 2026, la mesure s'applique quelle que soit la date de mise en location : les amortissements antérieurs à 2025 doivent aussi être pris en compte si la cession est postérieure au 15/02/2025.
Est-ce une rétroactivité fiscale ?
L'interprétation ministérielle considère que non : la règle change l'assiette applicable à un fait générateur futur (la cession), même si elle s'appuie sur des amortissements constatés dans le passé.
Je suis en micro-BIC : suis-je concerné ?
En principe, le micro-BIC ne permet pas de déduire des amortissements. La réintégration d'amortissements n'a donc pas le même impact. Le point clé devient plutôt : le micro-BIC était-il le bon choix sur la durée ? Consultez notre article sur le bon régime fiscal pour la location meublée.
Quels documents dois-je fournir au notaire ?
Acte d'achat, justificatifs de frais et travaux, et surtout un état fiable des amortissements cumulés (tableaux d'amortissements, liasses, détail immobilisations).
Les amortissements du mobilier comptent-ils dans la réintégration ?
En pratique, la doctrine doit préciser finement le périmètre. Par prudence, préparez un état complet (bâti + composants + mobilier) afin d'adapter le calcul selon les commentaires officiels.
Puis-je « annuler » des amortissements passés pour réduire ma plus-value ?
Non, on ne réécrit pas librement l'historique. Toute correction doit être justifiée comptablement et fiscalement. Les stratégies consistent plutôt à piloter la date, les justificatifs, et la trajectoire patrimoniale.
La réforme supprime-t-elle les abattements pour durée de détention ?
Non. Les abattements du régime des plus-values immobilières des particuliers continuent de s'appliquer. En revanche, la base (plus-value brute) augmente si l'on minore la valeur d'acquisition par les amortissements.
Que faire si je ne retrouve pas mes tableaux d'amortissement des premières années ?
Reconstituez à partir des liasses fiscales, de l'expert-comptable (si vous en aviez un), ou des écritures comptables. Sans reconstitution, le calcul est fragile et peut conduire à une imposition surévaluée ou contestable.
Est-il encore pertinent d'investir en LMNP au réel ?
Oui, dans de nombreux cas, car l'amortissement reste un levier puissant sur les revenus locatifs. Simplement, l'arbitrage doit intégrer la fiscalité de sortie dès le départ. Consultez notre guide complet LMNP 2026 pour une vision globale.
Comment optimiser légalement la situation avant de vendre ?
En pratique : dossier justificatif impeccable (travaux/frais), simulation multi-scénarios, coordination notaire/expert-comptable, et réflexion sur le bon timing de cession au regard de la durée de détention et des abattements.
Conclusion
La réforme applicable aux cessions postérieures au 15 février 2025 transforme la vente d'un bien en LMNP au réel : la plus-value immobilière se calcule désormais en tenant compte de la réintégration des amortissements, et la clarification ministérielle du 24 mars 2026 confirme que cela vise aussi les amortissements antérieurs à 2025. Concrètement, votre impôt de sortie peut augmenter sensiblement.
La meilleure réponse n'est pas la précipitation, mais la méthode : reconstituer les amortissements cumulés, sécuriser le prix d'acquisition majoré, simuler l'impôt net (IR, prélèvements sociaux, surtaxe), puis arbitrer le calendrier et la stratégie patrimoniale. Avec un dossier bien préparé, vous reprenez le contrôle et vous transformez une contrainte fiscale en décision de gestion maîtrisée ✅.
La location meublée reste malgré tout une très bonne option en effet malgré la prise en compte des amortissements dans la calcul de la plus value celle-ci reste exonérée au bout de 22 ans (30 ans pour les prélèvements sociaux). Ce qui reste une aubaine fiscale (déduction des amortissements et exonération de la plus value) qui n'existe nulle part ailleurs.
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