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Les taxes sur l'affectation des véhicules à une activité économique

La fiscalité automobile des entreprises a changé de nom, mais elle n’a pas disparu. Depuis la réforme de l’ancienne TVS (taxe sur les véhicules de société), l’administration parle désormais de : Taxes sur l'affectation des véhicules à l'activité économique.

Derrière cette nouvelle terminologie se cache une mécanique à la fois plus technique et plus structurée. Il ne s’agit plus d’une taxe unique, mais de deux impositions distinctes, qui poursuivent un objectif environnemental assumé :

  1. La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ 🌿

  2. La taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques 💨

En 2026, maîtriser ces règles n’est plus une option. C’est un enjeu stratégique pour tout dirigeant qui souhaite optimiser le coût global de son véhicule professionnel et éviter les redressements.

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Comprendre la logique de la réforme : une fiscalité environnementale assumée

L’ancienne TVS visait déjà les véhicules de tourisme utilisés par les entreprises.
La réforme n’a pas supprimé cette logique : elle l’a affinée.

Désormais, la taxation repose sur un principe clair :
👉 plus un véhicule est polluant, plus il coûte cher fiscalement.

Le législateur a ainsi voulu :

  • encourager la transition vers des véhicules propres ;

  • pénaliser progressivement les motorisations les plus émettrices ;

  • harmoniser les barèmes avec les normes européennes (NEDC puis WLTP).

Pour le chef d’entreprise, cela implique une réflexion globale : choix du véhicule, arbitrage achat/IK, durée de détention, stratégie de flotte.

Quelles entreprises sont concernées en 2026 ? 🧾

La réforme a profondément modifié le raisonnement.
On ne parle plus de « sociétés soumises à l’IS » comme à l’époque de la TVS.

Le critère déterminant est désormais l’exercice d’une activité économique.

Sont donc susceptibles d’être redevables :

  • les sociétés (IS ou IR),

  • les entreprises individuelles (y compris micro-entreprises),

  • certaines associations exerçant une activité économique.

Autrement dit, la taille de la structure importe peu.


Un auto-entrepreneur peut être concerné, tout comme une holding animatrice.

Cas particulier des entreprises individuelles

Les entreprises individuelles peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’exonérations liées au régime des aides de minimis.

En pratique, cela concerne fréquemment les petites structures dont le niveau d’aide publique reste inférieur aux plafonds européens.

Associations : prudence

Une association n’est pas automatiquement exonérée.
Si elle exerce une activité économique et utilise un véhicule entrant dans le champ de la taxe, elle peut devenir redevable.

L’analyse doit donc être menée au cas par cas, notamment en fonction de son régime de TVA.

Quels véhicules entrent dans le champ d’application ? 🚘

La taxe ne vise pas tous les véhicules professionnels.

Elle cible principalement les véhicules de tourisme affectés à l’activité économique, qu’ils soient : achetés, loués, pris en crédit bail ou utilisés via remboursement d’indemnités kilométriques.

Les véhicules M1 : le cœur du dispositif

Véhicule M1 TVS

Les véhicules de catégorie M1 correspondent aux voitures particulières (VP).
Ce sont les berlines, citadines et SUV que l’on rencontre le plus fréquemment dans les entreprises.

Ce sont eux qui constituent la cible principale de la taxation.

Les véhicules N1 : attention aux faux utilitaires

Taxe affectation véhicules de tourisme

Certains véhicules immatriculés en N1 (véhicules utilitaires légers) peuvent néanmoins entrer dans le champ lorsqu’ils sont conçus ou aménagés pour transporter des personnes.

Exemple typique : le pick-up double cabine.
Même s’il est immatriculé comme utilitaire, sa configuration peut le rendre taxable.

La qualification technique du véhicule est donc essentielle.

Les véhicules exonérés : une politique incitative ⚡

Toutes les situations ne conduisent pas à taxation.

1. Les véhicules constituant l’objet même de l’activité

Sont exonérés, sous conditions :

  • les taxis et VTC,
  • les véhicules d’auto-école,
  • les véhicules destinés exclusivement à la location, à la revente ou à la démonstration.

L’idée est simple : lorsqu’un véhicule constitue l’outil principal de l’activité commerciale, il ne doit pas être pénalisé.

2. Les véhicules 100 % électriques

Les véhicules électriques bénéficient d’une exonération totale.

C’est aujourd’hui l’outil fiscal le plus puissant d’optimisation automobile.

3. Les véhicules hybrides

Les hybrides peuvent bénéficier d’une exonération partielle de la taxe CO₂, sous conditions d’émissions.
Les seuils varient selon la norme applicable (NEDC ou WLTP).

Une vérification précise est indispensable avant publication ou conseil client.

La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ 🌿

Cette première composante constitue généralement la part la plus significative de l’imposition.

Le calcul dépend :

  • de la date de première immatriculation ;
  • de la norme d’homologation ;
  • du niveau d’émissions en grammes par kilomètre.

Trois régimes coexistent

  1. Véhicules immatriculés avant le 1er juin 2004 : barème basé sur la puissance fiscale.
  2. Véhicules du 1er juin 2004 au 29 février 2020 : barème fondé sur les émissions NEDC.
  3. Véhicules immatriculés depuis le 1er mars 2020 : barème WLTP.

Le barème WLTP est plus progressif et souvent plus lourd pour les véhicules thermiques récents.

⚠️ Les barèmes étant régulièrement actualisés, il est impératif d’utiliser les formulaires 2857 / 2858 les plus récents disponibles sur impots.gouv.fr.

Le prorata d’affectation : une règle fondamentale 🧮

La taxe est calculée au prorata du nombre de jours pendant lesquels le véhicule est affecté à l’activité.

Un véhicule acquis en cours d’année ne supportera donc qu’une fraction de la taxe annuelle.

En pratique, les entreprises utilisent les formulaires administratifs comme simulateur officiel afin d’éviter toute erreur de calcul.

Le cas particulier des indemnités kilométriques 🚙

C’est l’un des points les plus mal compris.

Lorsqu’une entreprise rembourse des indemnités kilométriques à un salarié ou à un dirigeant utilisant son véhicule personnel, elle peut être redevable de la taxe.

Le coefficient pondérateur

Un mécanisme de pondération réduit la base taxable en fonction du kilométrage remboursé.

Par exemple :

  • 30 000 km remboursés entraînent l’application d’un coefficient de 50 %,
  • la taxe théorique est donc divisée par deux.

L’abattement de 15 000 €

Après application du coefficient, un abattement global de 15 000 € peut être appliqué.

Dans les TPE, cet abattement suffit souvent à neutraliser totalement la taxe.

La taxe sur les polluants atmosphériques 💨

Cette seconde composante dépend :

  • de l’année de mise en circulation,
  • du type de carburant.

Les motorisations diesel anciennes sont particulièrement pénalisées.

À l’inverse, les véhicules récents à essence supportent une taxation modérée.

L’objectif est clairement dissuasif pour les véhicules les plus anciens et les plus polluants.

Déclaration et paiement : le calendrier 2026 🗓️

La déclaration s’effectue via les formulaires de TVA.

En pratique :

  • régime réel normal : déclaration CA3 de janvier (annexe 3310 A),
  • régime simplifié : déclaration annuelle CA12,
  • entreprises en franchise de TVA : dépôt spécifique 3310 A.

La régularisation intervient en janvier N+1 au titre de l’année civile écoulée.

Traitement fiscal : déductible ou non ? 📚

La règle reste proche de l’ancienne TVS.

  • À l’IS : la taxe n’est pas déductible du résultat fiscal (en principe).
  • À l’IR : elle est en principe déductible.

Une analyse particulière peut être nécessaire en cas de situation atypique (holding, intégration fiscale, groupe).

Cas pratiques concrets

Cas n°1 : SAS avec véhicule diesel de 2016

Le véhicule est soumis :

  • à la taxe CO₂ selon le barème NEDC,
  • à la taxe polluants selon son année de mise en circulation.

La charge est non déductible fiscalement à l’IS.

Cas n°2 : Dirigeant remboursé en IK

28 000 km remboursés.

Application du coefficient de 50 %, puis abattement de 15 000 €.

Dans la majorité des cas, la taxe devient nulle.

Les bonnes questions

Les micro-entrepreneurs sont-ils concernés ?

Oui, dès lors qu’un véhicule est affecté à l’activité économique.

Un véhicule électrique paie-t-il ces taxes ?

Non, il bénéficie d’une exonération totale.

Une location courte durée est-elle taxable ?

Les locations inférieures à 30 jours peuvent bénéficier d’une exonération, sous conditions.

La taxe dépend-elle de l’usage privé ?

Non. Elle dépend uniquement de l’affectation du véhicule à l’activité économique.

Conclusion : une fiscalité stratégique

La taxation des véhicules professionnels ne doit pas être subie.
Elle doit être intégrée dans une stratégie globale :

  • choix énergétique,
  • arbitrage IK vs véhicule de société,
  • gestion du calendrier d’acquisition,
  • optimisation fiscale.

En 2026, le véhicule n’est plus seulement un outil de mobilité.
Il est devenu un véritable levier d’optimisation – ou de surcoût – fiscal.

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Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

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