Quand on dirige une SASU/SAS, une EURL/SARL ou une SCI à l’IS, la question revient toujours :
- Je me verse un salaire ?
- Je prends une prime ?
- Je sors des dividendes ?
La bonne réponse dépend de votre statut (assimilé-salarié vs TNS), de votre bénéfice, de vos objectifs (protection sociale, impôt, trésorerie) et de certains “pièges” comme la cotisation subsidiaire maladie (PUMA) 🧾.
Dans cet article, je reprends et complète votre contenu (vidéo + chapitrage) pour en faire un guide à jour, pédagogique et actionnable.
Sommaire (reprend la vidéo) 🎥
- 01:18 Dividendes : les clés à connaître
- 04:50 Le “minimum” de rémunération pour se protéger
- 06:13 Se verser des dividendes
- 09:17 À partir de quand ?
- 10:21 Quelle répartition salaire/dividendes
- 24:48 La taxe PUMA
- 28:25 Cas particulier : ARE et rémunération
1) Les 3 façons de se payer : définition rapide ✅
1. Le salaire (rémunération de dirigeant) 💼
Vous êtes payé chaque mois (ou trimestre), avec des cotisations sociales et une fiscalité classique (impôt sur le revenu).
Effet principal : c’est ce qui crée votre protection sociale (maladie, retraite, prévoyance selon statuts/contrats, etc.).
2. La prime (bonus, prime exceptionnelle) 🎯
Une prime est du salaire, mais versé ponctuellement. Elle subit donc les mêmes cotisations et la même imposition qu’une rémunération.
À retenir : la prime est utile pour ajuster en fin d’année, mais n’a pas “la magie” des dividendes.
3. Les dividendes 📈
Les dividendes sont une distribution de bénéfice (après IS) aux associés, décidée en assemblée.
Fiscalité standard (2026) : par défaut, les dividendes sont soumis au PFU (flat tax) de 31.40% :
12,8% d’impôt + 18.60% de prélèvements sociaux.
Vous pouvez aussi choisir l’option au barème de l’IR (souvent pertinente si vous êtes faiblement imposé), avec notamment un abattement de 40% sur les dividendes éligibles (sociétés soumises à l’IS et distribution régulière). 🧠
2) Le point clé : votre statut change tout (SAS vs SARL) ⚖️
En SAS/SASU : dividendes = pas de cotisations sociales (en règle générale) ✅
En SAS/SASU, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales de type “URSSAF”, mais restent soumis au PFU 30% (ou barème sur option).
Conséquence : les dividendes sont souvent “moins chargés” que le salaire… mais ils ne vous créent pas (ou très peu) de droits sociaux (retraite notamment).
En SARL/EURL (TNS) : attention au seuil des 10% ⚠️
Si vous êtes gérant majoritaire (régime TNS), une partie des dividendes peut être soumise à cotisations sociales.
Règle (à jour) : la fraction des dividendes qui dépasse 10% du total suivant est assujettie aux cotisations sociales TNS :
- capital social libéré +
- primes d’émission +
- sommes en compte courant d’associé (CCA)
Exemple simple :
- Capital libéré : 5 000 €
- CCA : 15 000 €
- Total = 20 000 € → 10% = 2 000 €
- Dividendes versés : 12 000 €
- ➡️ Environ 10 000 € peuvent entrer dans l’assiette de cotisations TNS (selon situation exacte)
Donc, en SARL/EURL, “100% dividendes” est souvent moins intéressant qu’on l’imagine 🤔.
3) Le “minimum” de rémunération pour être protégé 🛡️
Votre article mentionne l’idée d’un minimum de rémunération “pour se protéger”. C’est essentiel, mais il faut le formuler correctement :
Objectif n°1 : valider des trimestres de retraite 🧓
Pour valider des trimestres au régime général, on retient une règle pratique (qui évolue avec le SMIC) :
- 1 trimestre ≈ revenus soumis à cotisations ≥ 150 × SMIC horaire
- 4 trimestres ≈ 600 × SMIC horaire
Pourquoi c’est important ? Parce que si vous ne vous versez que des dividendes en SASU, vous pouvez vous retrouver avec une protection sociale minimale et une retraite très faible.
Objectif n°2 : éviter les “mauvaises surprises” (dont la PUMA) ⚠️
Si vous avez très peu de revenus d’activité et beaucoup de revenus du capital, vous pouvez tomber dans certains mécanismes comme la cotisation subsidiaire maladie (PUMA) (voir plus bas).
Conseil terrain : beaucoup d’entrepreneurs arbitrent avec une base de rémunération “sécurité” (même modeste) + un complément variable (prime ou dividendes) 📌.
4) Dividendes : à partir de quand peut-on se verser ? ⏳
On ne verse pas des dividendes “quand on veut”. Il y a un cadre légal :
- Il faut un bénéfice distribuable (bénéfice + report à nouveau + réserves distribuables – pertes antérieures).
- Il faut approuver les comptes (assemblée générale) et décider la distribution.
- En pratique, les dividendes sont souvent versés après la clôture et l’approbation des comptes (souvent dans les 6 mois).
Astuce : il existe des acomptes sur dividendes dans certains cas, mais c’est plus encadré (situation intermédiaire, commissaire aux comptes dans certaines configurations, formalisme). À valider avec votre expert-comptable 🧾.
5) Quelle répartition salaire / dividendes ? (méthode simple) 🧠
Au lieu de chercher “la formule magique”, utilisez une logique en 3 étages :
Étape 1 : sécuriser votre protection sociale ✅
- Définissez un minimum de rémunération (maladie, retraite, capacité d’emprunt bancaire, etc.).
- En SASU : c’est souvent le point le plus négligé (dividendes seuls = droits sociaux faibles).
Étape 2 : piloter l’impôt et la trésorerie 💰
- Le salaire est déductible du résultat (donc réduit l’IS).
- Les dividendes ne sont pas déductibles (ils viennent après l’IS).
- Mais les dividendes peuvent être moins “chargés” (notamment en SAS) et plus simples à moduler.
Étape 3 : optimiser “selon votre forme de société” ⚖️
- SASU : souvent un mix “salaire minimum + dividendes” fonctionne bien.
- EURL/SARL (TNS) : l’arbitrage est différent car les dividendes au-delà du seuil 10% peuvent être socialement chargés.
6) La “taxe PUMA” (cotisation subsidiaire maladie) : ce qu’il faut comprendre 🧾⚠️
On l’appelle souvent “taxe PUMA”, mais son nom exact est la cotisation subsidiaire maladie (CSM).
Idée : si vous bénéficiez de la prise en charge maladie en France sans cotiser suffisamment via une activité, et que vous avez des revenus du capital importants, l’URSSAF peut vous appeler une cotisation.
Les 2 déclencheurs typiques 🔎
Sans entrer dans tous les cas, la CSM peut s’appliquer quand :
- vos revenus d’activité sont faibles (en-dessous d’un seuil basé sur un % du PASS), et
- vos revenus du capital dépassent un autre seuil (lui aussi indexé sur le PASS).
Taux (à jour) 📌
Le taux maximal est de 6,5% (avec un mécanisme de lissage/ajustement selon le niveau de revenus d’activité).
Pourquoi c’est crucial ? Parce que certaines stratégies “0 salaire + gros dividendes” en SASU peuvent entraîner cette cotisation, en plus du PFU.
Conseil : si vous envisagez une rémunération principalement en dividendes, faites valider le risque CSM/PUMA avec une simulation (expert-comptable) avant de trancher.
7) Cas particulier : ARE (Pôle emploi) et rémunération 🎯
Si vous êtes indemnisé par Pôle emploi (ARE), le choix salaire/dividendes est stratégique.
- Rémunération (salaire) : peut réduire l’ARE selon les règles de cumul.
- Dividendes : en général, ils ne sont pas assimilés à un salaire, mais la situation dépend de votre montage, de ce que vous déclarez, et de la lecture de Pôle emploi (notamment si une rémunération de dirigeant existe par ailleurs).
Important : les règles ARE peuvent évoluer, et l’appréciation dépend aussi de votre statut (mandat social, contrat de travail éventuel, etc.). Avant de vous verser quoi que ce soit, faites valider le schéma (expert-comptable +, si besoin, un conseiller spécialisé).
8) Tableau récapitulatif (ultra pratique) 📌
| Option | Charges sociales | Impôts | Protection sociale | Idéal pour… |
|---|---|---|---|---|
| Salaire 💼 | Oui (souvent élevées) | IR (barème) | Bonne (selon statut) | Se protéger, emprunter, retraite |
| Prime 🎯 | Oui (comme salaire) | IR (barème) | Bonne (comme salaire) | Ajuster en fin d’année |
| Dividendes 📈 | SAS : non (hors cas particuliers) SARL/EURL : oui au-delà du seuil 10% | PFU 30% (par défaut) ou IR sur option (+ abattement 40%) | Faible (ne crée pas de retraite en SASU) | Optimiser la sortie de cash, flexibilité |
FAQ (les questions qu’on me pose tout le temps) 🙋♂️
Peut-on faire 100% dividendes en SASU ?
Oui juridiquement si vous avez un bénéfice distribuable, mais ce n’est pas toujours optimal : faible protection sociale + risque CSM/PUMA selon votre situation.
Le PFU sur dividendes est-il toujours à 31.40 ?
Oui : 12,8% d’IR + 18.60% de prélèvements sociaux (hors cas particuliers et hors option au barème).
Prime ou dividendes : lequel coûte le moins ?
Souvent, la prime coûte plus en “charges” car c’est du salaire. Les dividendes peuvent être plus avantageux en SAS, mais il faut intégrer l’IS en amont + l’absence de droits sociaux.
Conclusion : la stratégie “pro” la plus fréquente 🧩
Dans la majorité des petites structures :
- ✅ on met en place une rémunération minimale pour sécuriser protection sociale/retraite,
- ✅ puis on complète avec dividendes (surtout en SAS/SASU) ou avec un mix adapté en SARL/EURL,
- ✅ en surveillant le risque PUMA/CSM et l’impact sur l’ARE si concerné.
👉 Pour une optimisation fiable, il faut une simulation chiffrée sur votre cas (forme juridique, IS, quotient familial, ARE, objectifs…).
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