En SASU à l'IR, la rémunération du président obéit à des règles spécifiques qui diffèrent radicalement de la SASU à l'IS. Comprendre ces règles est indispensable pour éviter de payer beaucoup plus d'impôts que prévu — et pour optimiser votre stratégie de rémunération pendant la période d'option IR.
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Le principe fondamental : le bénéfice, pas la rémunération
En SASU à l'IS, la logique est simple : la société réalise un bénéfice, paie l'IS, puis verse au président une rémunération (qui génère des charges sociales) ou des dividendes (flat tax). En SASU à l'IR, la logique est inversée : c'est le résultat comptable de la société qui remonte directement dans votre déclaration personnelle, indépendamment de ce que vous vous versez réellement.
Conséquence directe : vous êtes imposé sur le bénéfice de la SASU, que vous vous le versiez ou non. Si votre SASU réalise 50 000 € de bénéfice et que vous ne vous versez rien, vous devrez quand même payer l'IR sur ces 50 000 €. C'est le principal piège du régime IR en phase bénéficiaire.
La rémunération du président est-elle déductible en SASU à l'IR ?
C'est ici que le régime IR réserve sa principale surprise. En SASU à l'IR, la rémunération que vous vous versez en tant que président n'est pas déductible du résultat imposable de la société.
En régime IS, votre salaire de président est une charge déductible qui réduit le bénéfice imposable de la société. En régime IR, cette déductibilité disparaît : la rémunération versée au président est neutralisée — elle est considérée comme un simple prélèvement de l'associé sur son propre bénéfice.
Résultat : le bénéfice imposable à l'IR est calculé avant déduction de votre rémunération de président. Votre salaire ne réduit pas l'assiette fiscale de la SASU.
Exception : les cotisations sociales restent déductibles
Attention à une subtilité importante : si vous vous versez une rémunération, les cotisations sociales patronales et salariales associées à cette rémunération restent déductibles du résultat de la SASU à l'IR. Seule la rémunération nette ne l'est pas. Cela signifie que se verser une rémunération a quand même un impact sur le résultat imposable — mais seulement à hauteur des charges sociales, pas du salaire lui-même.
Exemple chiffré : impact de la rémunération sur l'IR
Prenons une SASU à l'IR avec un CA de 100 000 € et des charges opérationnelles de 30 000 € (hors rémunération), soit un résultat avant rémunération de 70 000 €.
| Scénario | Sans rémunération | Avec rémunération 36 000 € net |
|---|---|---|
| Résultat avant rémunération | 70 000 € | 70 000 € |
| Rémunération nette versée | 0 | 36 000 € (non déductible) |
| Charges sociales (environ 82 %) | 0 | ~29 520 € (déductibles) |
| Résultat imposable à l'IR | 70 000 € | 70 000 – 29 520 = 40 480 € |
| Revenu total du foyer | Bénéfice SASU : 70 000 € | Bénéf. SASU 40 480 € + salaire 36 000 € = 76 480 €* |
*Le salaire versé est imposé comme revenu d'activité dans la déclaration personnelle, mais il est déduit du résultat SASU (via les cotisations). Le total imposable est supérieur car les cotisations sociales représentent un coût réel supplémentaire.
Quelle stratégie de rémunération adopter en SASU à l'IR ?
Stratégie 1 : Se verser peu ou pas de rémunération (phase déficitaire)
Si la SASU est déficitaire, l'intérêt de l'option IR est justement de faire remonter ce déficit dans votre revenu global. Dans ce cas, se verser une rémunération n'est généralement pas optimal : cela crée des charges sociales qui réduisent le déficit (donc l'économie fiscale), et la rémunération elle-même sera imposée à l'IR. Mieux vaut souvent minimiser la rémunération et maximiser le déficit imputable.
Stratégie 2 : Basculer à l'IS dès que la SASU devient rentable
Quand la SASU commence à générer des bénéfices significatifs, l'option IR peut devenir désavantageuse : le bénéfice s'ajoute à vos revenus et peut dépasser votre TMI (41 % voire 45 %), bien au-delà du taux IS de 15 % ou 25 %. C'est souvent le bon moment pour renoncer à l'option IR et basculer à l'IS. Consultez notre article dédié : Passer de l'IR à l'IS en SASU.
Stratégie 3 : Adapter la rémunération selon les revenus du foyer
Si votre foyer fiscal bénéficie déjà de revenus élevés (salaires du conjoint, revenus fonciers), augmenter encore votre rémunération en SASU IR risque de vous faire monter dans les tranches supérieures du barème. Dans ce cas, réduire votre rémunération (ou la limiter aux seuils de cotisation retraite) et laisser le bénéfice dans la société peut être contre-productif en IR — ce qui plaide pour un retour à l'IS.
Les dividendes existent-ils en SASU à l'IR ?
Techniquement, en SASU à l'IR, la notion de « dividende » telle qu'elle existe à l'IS disparaît. Puisque le bénéfice est déjà imposé au niveau personnel (que vous le distribuiez ou non), les sommes que vous prélevez sur la trésorerie de la SASU sont des prélèvements d'associé, non des dividendes au sens fiscal. Il n'y a donc pas de double imposition : le bénéfice est imposé une seule fois, à votre IR personnel.
Vous pouvez donc prélever librement les sommes disponibles dans la trésorerie sans formalité supplémentaire, dans la limite des réserves et du résultat comptable.
FAQ – Rémunération président SASU à l'IR
Ce n'est pas obligatoire. En SASU à l'IR, vous êtes imposé sur le bénéfice de la société, que vous vous versiez un salaire ou non. Si la SASU est déficitaire, ne pas se verser de salaire permet de maximiser le déficit imputable. Si elle est bénéficiaire, verser une rémunération génère des cotisations sociales (déductibles) mais la rémunération nette elle-même ne réduit pas le bénéfice imposable — ce qui peut créer une double pression fiscale et sociale.
Non, il n'y a pas de double imposition. Le bénéfice de la SASU est imposé une seule fois à l'IR du foyer. Si vous vous versez une rémunération, celle-ci est intégrée dans le résultat imposable de la SASU (non déductible) et n'est pas re-taxée séparément. En revanche, les cotisations sociales liées au salaire constituent un coût supplémentaire.
En SASU à l'IR, le bénéfice imposable ne génère pas de droits à la retraite supplémentaires. Seule la rémunération versée au président (assimilé salarié) ouvre des droits sociaux (retraite de base, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, prévoyance). Si la retraite est un objectif, il peut être judicieux de se verser une rémunération minimale permettant de valider des trimestres, même en phase déficitaire.
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