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Président de SASU en arrêt maladie ou maternité : indemnités journalières, droits et démarches CPAM (2026)

Comprendre le statut social du président de SASU en 2026

Avant d'aborder les indemnités journalières, il faut bien comprendre le statut social du président de SASU. Cette étape est déterminante, car les droits en matière de maladie, de maternité ou de paternité dépendent du régime d'affiliation du dirigeant.

Le président de SASU est rattaché au régime général de la Sécurité sociale lorsqu'il perçoit une rémunération. On parle alors de dirigeant assimilé salarié. Cette expression signifie qu'il est traité comme un salarié pour une grande partie de sa protection sociale : maladie, maternité, invalidité, décès, retraite de base et retraite complémentaire. Pour en savoir plus sur les différentes options de statut, consultez notre guide sur le statut social du dirigeant d'entreprise.

En revanche, il ne bénéficie pas du statut complet de salarié. Il n'a pas droit à l'assurance chômage au titre de son seul mandat social. Pour comprendre précisément les conditions d'accès aux allocations, lisez notre article dédié au droit au chômage pour le président de SAS ou SASU en 2026.

Cette nuance est capitale. Beaucoup de dirigeants pensent qu'une SASU protège automatiquement mieux qu'une entreprise individuelle. En réalité, la protection sociale dépend essentiellement de la rémunération versée et des cotisations payées.

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Président de SASU rémunéré : une affiliation au régime général

Lorsqu'un président de SASU reçoit une rémunération mensuelle ou ponctuelle pour son mandat, la société doit établir des bulletins de paie. Ces bulletins servent de base aux déclarations sociales, notamment via la DSN (Déclaration Sociale Nominative).

Les cotisations sociales versées permettent ensuite d'ouvrir des droits. Pour l'Assurance maladie, ces droits peuvent notamment concerner :

  • le remboursement des soins ;
  • les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie ;
  • les indemnités journalières en cas de congé maternité ;
  • les indemnités de congé paternité et d'accueil de l'enfant ;
  • la protection invalidité-décès ;
  • la retraite de base et complémentaire.

Conseil : si vous êtes président de SASU et que vous souhaitez bénéficier d'une protection sociale effective, évitez de vous verser uniquement des dividendes. Les dividendes ne sont pas assimilés à une rémunération de travail et n'ouvrent pas de droits aux indemnités journalières.

Président de SASU non rémunéré : une protection très limitée

Un président de SASU peut parfaitement exercer son mandat sans rémunération. Cette situation est fréquente au démarrage d'une activité, lorsque la société ne génère pas encore assez de trésorerie. Retrouvez toutes les règles dans notre article sur le dirigeant dispensé de cotisations sociales.

Toutefois, l'absence de rémunération entraîne une conséquence directe : aucune cotisation sociale n'est versée au titre du mandat. Le dirigeant ne se constitue donc pas de droits sociaux sur cette activité.

Cette réalité doit être anticipée. Un arrêt maladie de plusieurs semaines peut rapidement devenir problématique lorsque le dirigeant ne perçoit aucune indemnisation et que l'entreprise dépend fortement de sa présence.

La différence entre salaire et dividendes

La SASU offre une grande souplesse dans l'arbitrage entre rémunération et dividendes. Cependant, cet arbitrage ne doit pas être uniquement fiscal. Il doit aussi intégrer la protection sociale du dirigeant. Notre guide complet sur la rémunération du président de SASU : salaire ou dividendes vous détaille chaque scénario avec simulations chiffrées.

La rémunération du président de SASU supporte des cotisations sociales importantes. En contrepartie, elle ouvre des droits sociaux. Les dividendes, eux, peuvent être fiscalement attractifs dans certaines situations, mais ils ne financent ni les droits maladie, ni les droits maternité, ni la retraite de la même manière.

💡 Conseil : l'optimisation ne consiste pas à supprimer toute rémunération. Elle consiste à trouver un équilibre entre trésorerie, fiscalité, cotisations, protection sociale et besoins personnels du dirigeant.

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Arrêt maladie du président de SASU : quels droits aux indemnités journalières en 2026 ?

Le président de SASU rémunéré peut bénéficier d'indemnités journalières maladie, sous réserve de respecter les conditions prévues par l'Assurance maladie. Ces indemnités visent à compenser partiellement la perte de revenu liée à l'interruption temporaire de l'activité.

En 2026, le principe reste le suivant : pour percevoir des indemnités journalières, le dirigeant assimilé salarié doit être affilié au régime général, avoir une rémunération suffisante et justifier d'un arrêt de travail prescrit par un médecin.

Les conditions principales pour être indemnisé

Pour obtenir des indemnités journalières maladie, le président de SASU doit remplir plusieurs conditions. Ces conditions varient selon la durée de l'arrêt.

Pour un arrêt de travail inférieur ou égal à six mois, il faut généralement justifier d'une activité ou d'un niveau de cotisations suffisant sur une période de référence. L'Assurance maladie vérifie notamment le nombre d'heures travaillées ou le montant de rémunération soumis à cotisations.

Pour un arrêt de travail supérieur à six mois, les conditions sont plus strictes. Il faut notamment être affilié depuis une durée minimale et justifier d'un niveau d'activité ou de cotisation suffisant avant l'arrêt.

👉 Point important : le versement d'une rémunération symbolique ne suffit pas toujours à ouvrir des droits satisfaisants. Consultez notre article sur la rémunération minimale à se verser en tant que dirigeant pour déterminer le seuil optimal.

Le délai de carence en arrêt maladie

En cas d'arrêt maladie, les indemnités journalières ne sont pas versées dès le premier jour. Un délai de carence de trois jours s'applique en principe pour les assimilés salariés du régime général.

Concrètement, si l'arrêt commence le lundi, les indemnités journalières peuvent commencer à courir à partir du quatrième jour, sous réserve que les conditions soient remplies.

La SASU peut décider de maintenir tout ou partie de la rémunération du président pendant l'arrêt, mais cette décision doit être cohérente juridiquement, financièrement et comptablement. Elle doit également être compatible avec les statuts, les décisions de l'associé unique et les règles de paie.

Comment sont calculées les indemnités journalières maladie ?

Les indemnités journalières maladie sont calculées à partir du salaire journalier de base. En pratique, l'Assurance maladie retient les rémunérations brutes soumises à cotisations sur une période de référence, dans la limite des plafonds applicables.

Exemple simple : un président de SASU se rémunère 3 000 € brut par mois depuis plus d'un an. En cas d'arrêt maladie, l'Assurance maladie calcule ses indemnités à partir de cette base. Il ne percevra pas 3 000 € net d'indemnités, mais une compensation partielle.

À l'inverse, un président qui se rémunère 500 € brut par mois ne pourra pas espérer une indemnisation élevée. Sa protection sera mécaniquement limitée.

✅ Conseil : pour évaluer votre couverture réelle, analysez vos droits potentiels en cas d'arrêt, vos charges personnelles fixes et la capacité de votre société à fonctionner sans vous. Notre guide complet SASU 2026 : fiscalité, optimisation et stratégies vous donne une vision d'ensemble.

L'arrêt maladie du dirigeant bloque-t-il l'activité de la SASU ?

Juridiquement, l'arrêt maladie concerne la personne du président. Il ne met pas fin à l'existence de la société. La SASU continue d'exister, de facturer, de payer ses charges et de respecter ses obligations fiscales et sociales.

Il est important de rappeler que l'arrêt maladie suppose une interruption de l'activité professionnelle selon les prescriptions du médecin. Le dirigeant ne doit pas continuer à travailler comme si de rien n'était tout en percevant des indemnités journalières. Cela peut créer un risque de contestation ou de remboursement.

Congé maternité de la présidente de SASU : droits et indemnisation en 2026

La présidente de SASU rémunérée peut bénéficier d'indemnités journalières de maternité si elle remplit les conditions d'affiliation et de cotisation. Le congé maternité est une protection essentielle, car il permet de suspendre l'activité tout en percevant une indemnisation pendant une période déterminée.

La maternité d'une dirigeante de SASU doit être anticipée très tôt. En pratique, les questions à traiter sont nombreuses : durée du congé, montant des indemnités, remplacement éventuel, gestion des clients, maintien ou suspension de la rémunération, organisation administrative.

Conditions pour percevoir les indemnités journalières maternité

Pour bénéficier des indemnités journalières maternité, la présidente de SASU doit être affiliée au régime général et justifier d'une durée minimale d'affiliation. Elle doit également cesser son activité pendant une durée minimale prévue par la réglementation.

La rémunération doit donc être réelle, déclarée et soumise à cotisations. Il ne suffit pas de décider quelques semaines avant le congé de se verser une rémunération élevée pour garantir une bonne indemnisation.

💡 Conseil : si un projet de maternité est envisagé, il est préférable d'anticiper la rémunération de la présidente plusieurs mois à l'avance avec l'aide d'un expert-comptable. Cette anticipation permet d'éviter une protection insuffisante.

Durée du congé maternité

La durée du congé maternité dépend de la situation familiale et du nombre d'enfants attendus. Pour une naissance simple, le congé comprend généralement une période prénatale et une période postnatale. La durée peut augmenter en cas de naissance multiple ou à partir du troisième enfant.

Une présidente de SASU qui continue à travailler sans interruption réelle pendant son congé maternité prend un risque. L'Assurance maladie peut remettre en cause l'indemnisation si les conditions de cessation d'activité ne sont pas respectées.

Calcul des indemnités journalières maternité

Les indemnités journalières maternité sont calculées à partir des salaires soumis à cotisations, dans la limite des plafonds applicables. Le montant peut être plus favorable qu'en arrêt maladie classique, mais il reste plafonné.

Exemple : une présidente de SASU se rémunère 2 800 € brut par mois depuis plusieurs années. Ses indemnités maternité seront calculées à partir de cette rémunération, après application des règles de calcul et des plafonds. Elle pourra organiser son congé avec une visibilité financière confortable.

Maintenir ou suspendre la rémunération pendant le congé maternité

Une question fréquente concerne le maintien de la rémunération par la SASU pendant le congé maternité. Le maintien d'une rémunération doit être analysé avec prudence : il ne faut pas créer une incohérence entre l'arrêt déclaré et la poursuite apparente d'une activité rémunérée.

Conseil : avant le congé maternité, préparez un calendrier précis : date prévue de début, date de fin, traitement de la paie, formalités CPAM, organisation de la société et délégation éventuelle des tâches urgentes.

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Congé paternité du président de SASU : un droit souvent oublié

Le président de SASU rémunéré peut également bénéficier du congé paternité et d'accueil de l'enfant, sous conditions. Ce droit concerne le père de l'enfant, mais aussi, dans certaines situations, la personne vivant avec la mère.

Comme pour la maladie et la maternité, le droit à indemnisation suppose une affiliation au régime général et une rémunération soumise à cotisations. Le président non rémunéré ne peut généralement pas obtenir d'indemnités journalières au titre de son mandat.

Conditions du congé paternité

Le congé paternité comprend une période obligatoire et une période complémentaire. Le dirigeant doit cesser son activité pendant les périodes déclarées et respecter les délais de demande en transmettant les justificatifs nécessaires à l'Assurance maladie.

Pour un président de SASU, la difficulté n'est pas seulement administrative. Elle est aussi organisationnelle. Pourtant, le congé paternité peut être anticipé : clients informés, missions planifiées, urgences déléguées, échéances fiscales préparées à l'avance.

Indemnisation du congé paternité

Les indemnités journalières de paternité sont calculées à partir de la rémunération soumise à cotisations, dans la limite des plafonds. Sans rémunération déclarée, pas de droits significatifs. Un président qui fonctionne uniquement aux dividendes ne pourra pas compter sur ce dispositif au titre de la SASU.

👉 Conseil : le congé paternité doit être intégré dans la stratégie de rémunération du dirigeant, au même titre que la retraite, la prévoyance et la couverture santé.

Les démarches à effectuer en cas d'arrêt maladie

Lorsqu'un président de SASU est en arrêt maladie, il doit respecter des démarches précises. Ces formalités conditionnent le versement des indemnités journalières.

Faire établir un arrêt de travail par un médecin

La première étape consiste à consulter un médecin. Celui-ci établit un avis d'arrêt de travail s'il estime que l'état de santé du dirigeant justifie une interruption de l'activité.

L'arrêt peut être transmis de manière dématérialisée à l'Assurance maladie lorsque le médecin utilise le téléservice. Le respect des délais est important : un envoi tardif peut entraîner un retard d'indemnisation, voire une sanction en cas de manquement répété.

Informer la SASU et organiser la paie

La société doit établir les bulletins de paie en tenant compte de l'arrêt, du maintien éventuel de rémunération et des indemnités journalières. Les informations doivent être correctement déclarées en DSN. Si la société a un expert-comptable, il doit être informé rapidement pour éviter les erreurs de paie et de déclaration.

Suivre le paiement des indemnités journalières

Les indemnités journalières sont versées par l'Assurance maladie après vérification des droits. Le président doit surveiller son compte ameli, vérifier les paiements et conserver les justificatifs. En cas d'anomalie, il doit contacter la CPAM rapidement.

Conseil : conservez dans un dossier unique vos bulletins de paie, arrêts de travail, attestations, décisions de rémunération et échanges avec la CPAM. Ce classement simplifie les contrôles et les régularisations.

Les démarches à effectuer en cas de maternité

La maternité nécessite une préparation administrative plus longue qu'un arrêt maladie classique. La présidente de SASU doit anticiper les formalités médicales, sociales et organisationnelles.

Déclarer la grossesse

La grossesse doit être déclarée dans les délais auprès de l'Assurance maladie et de la CAF. Cette déclaration permet l'ouverture des droits et le suivi du calendrier de maternité. Le médecin ou la sage-femme peut effectuer cette déclaration en ligne.

Préparer le congé maternité

La présidente doit identifier les dates de congé prénatal et postnatal, et vérifier ses droits aux indemnités journalières avec la CPAM, surtout si sa rémunération a varié ou si la SASU est récente.

Il est également conseillé de préparer l'organisation interne de la société. Même dans une SASU sans salarié, certaines tâches doivent continuer : déclarations fiscales, paiement des fournisseurs, suivi bancaire, facturation, relation client, échéances sociales.

Organiser la gestion pendant l'absence

Plusieurs solutions existent pour assurer la continuité :

  • réduire temporairement l'activité ;
  • prévenir les clients plusieurs semaines à l'avance ;
  • externaliser certaines missions ;
  • nommer un mandataire pour certains actes ;
  • automatiser la facturation et les relances ;
  • confier la comptabilité à un cabinet ;
  • préparer un calendrier des échéances.

💡 Conseil : une présidente de SASU enceinte doit raisonner comme une dirigeante, mais aussi comme une assurée sociale. Protection personnelle et continuité de l'entreprise doivent avancer ensemble.

Impact comptable et fiscal des indemnités journalières

Les indemnités journalières ont aussi des conséquences comptables et fiscales. Leur traitement dépend notamment du bénéficiaire, du maintien de salaire et de l'organisation de la paie.

Indemnités versées directement au dirigeant

Lorsque les indemnités journalières sont versées directement au président ou à la présidente, elles constituent un revenu de remplacement. Elles doivent être prises en compte dans la situation fiscale personnelle du bénéficiaire selon les règles applicables.

La société, de son côté, doit traiter correctement la rémunération du mandat pendant la période d'arrêt. Si aucune rémunération n'est maintenue, la paie doit refléter cette situation.

Subrogation : est-elle possible pour un président de SASU ?

La subrogation consiste, pour l’employeur, à percevoir les indemnités journalières à la place de l'assuré lorsqu'il maintient le salaire. Dans une SASU, cette option doit être maniée avec précaution pour le président mandataire social. Elle suppose une gestion rigoureuse de la paie et des déclarations.

En cas de doute, il vaut mieux sécuriser le traitement avec l'expert-comptable afin d'éviter un décalage entre les indemnités reçues, le salaire maintenu et les charges sociales déclarées.

Déductibilité de la rémunération maintenue

La rémunération du président de SASU est en principe déductible du résultat imposable de la société si elle correspond à un travail effectif ou à une fonction de direction réelle, et si elle n'est pas excessive au regard de la situation de l'entreprise. En période d'arrêt, la question peut devenir plus sensible.

Conseil : formalisez les décisions de rémunération du président de SASU. Même en présence d'un associé unique, les décisions importantes doivent être consignées par écrit.

Président de SASU non rémunéré : quelles alternatives pour se protéger ?

De nombreux présidents de SASU ne se rémunèrent pas au lancement de leur activité. Cette stratégie peut se comprendre pour préserver la trésorerie, mais elle doit être accompagnée d'une réflexion sur la protection personnelle.

Vérifier sa couverture existante

Un dirigeant non rémunéré peut parfois bénéficier d'une couverture au titre d'une autre situation : ancien salarié, demandeur d’emploi via le cumul ARE et mandat social non rémunéré, conjoint, activité parallèle, maintien de droits ou protection universelle maladie.

Il faut distinguer deux choses : être couvert pour ses frais de santé et être indemnisé en cas d'arrêt de travail. Ce sont deux protections différentes.

Souscrire une prévoyance privée

Une assurance prévoyance peut compléter la protection du dirigeant. Elle peut prévoir le versement d'indemnités en cas d'incapacité de travail, d'invalidité ou de décès. Pour un président de SASU faiblement rémunéré ou non rémunéré, la prévoyance privée peut être une solution utile.

Il faut lire les conditions générales avec attention. Certaines garanties ne fonctionnent que si le dirigeant justifie d'un revenu professionnel. D'autres excluent certaines pathologies ou prévoient des franchises longues.

Mettre en place une rémunération minimale stratégique

Une autre option consiste à mettre en place une rémunération minimale, mais suffisante pour ouvrir des droits. L'objectif n'est pas de surcharger la SASU de charges sociales dès le démarrage, mais de déterminer un niveau de rémunération compatible avec la trésorerie et utile pour la protection sociale.

💡 Conseil : ne choisissez pas entre rémunération et dividendes uniquement à partir du taux de charges. Comparez aussi les droits sociaux générés, la retraite, la prévoyance, les indemnités journalières et votre sécurité familiale. Consultez notre comparatif EURL ou SASU : comparatif complet pour choisir la structure adaptée à votre situation.

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Exemples concrets de situations en SASU

Les règles sociales deviennent plus claires lorsqu'on les applique à des cas pratiques. Voici plusieurs exemples représentatifs rencontrés chez des entrepreneurs français.

Exemple 1 : président de SASU non rémunéré en arrêt maladie

Marc crée une SASU de conseil informatique. Pendant la première année, il ne se verse aucune rémunération. Au bout de huit mois, il subit une opération nécessitant six semaines d'arrêt. Comme il n'a perçu aucune rémunération de sa SASU, il n'a pas cotisé au titre de son mandat. Il ne peut donc pas obtenir d'indemnités journalières maladie liées à cette activité.

Analyse : cette situation montre l'importance de prévoir une réserve personnelle ou une prévoyance complémentaire lorsque le dirigeant choisit de ne pas se rémunérer.

Exemple 2 : présidente de SASU rémunérée régulièrement et congé maternité

Sophie dirige une SASU spécialisée en architecture d'intérieur. Elle se verse 2 500 € brut par mois depuis deux ans. Lorsqu'elle attend son premier enfant, elle déclare sa grossesse dans les délais et prépare son congé avec son expert-comptable. Ses bulletins de paie sont réguliers, les cotisations sont déclarées et son affiliation est claire. Elle peut donc bénéficier d'indemnités journalières maternité.

Analyse : la régularité de la rémunération et l'anticipation administrative permettent de sécuriser à la fois les droits sociaux et la continuité de l'entreprise.

Exemple 3 : président rémunéré uniquement en dividendes

Julien dirige une SASU rentable. Pour limiter les charges sociales, il ne se verse aucun salaire et prélève uniquement des dividendes. Il tombe malade pendant deux mois et découvre que ses dividendes ne lui ouvrent pas de droits aux indemnités journalières.

Analyse : les dividendes peuvent être intéressants, mais ils ne remplacent pas une stratégie de protection sociale. Notre article sur la rémunération versus dividendes en SASU illustre les risques concrets de cette approche.

Exemple 4 : rémunération trop récente avant un arrêt

Claire crée une SASU de formation. Elle ne se rémunère pas pendant dix mois, puis décide de se verser une rémunération importante. Deux mois plus tard, elle doit s'arrêter pour raison médicale. La CPAM examine ses droits à partir des périodes de référence. Sa rémunération récente ne suffit pas nécessairement à lui ouvrir une indemnisation optimale.

Analyse : les droits sociaux ne se construisent pas au dernier moment. La rémunération doit être anticipée et régulière.

Exemple 5 : congé paternité anticipé

Thomas est président d'une SASU de marketing digital. Il se verse une rémunération mensuelle stable. À la naissance de son enfant, il prend son congé paternité et cesse son activité pendant les jours déclarés. Il a préparé ses campagnes clients en amont et automatisé certains reportings. Son absence se déroule sans incident majeur.

Analyse : même dans une petite structure, le congé paternité peut être compatible avec l'activité si le dirigeant anticipe correctement.

Erreurs courantes à éviter

  • Erreur 1 : penser que le statut de président de SASU donne automatiquement droit aux indemnités journalières. Sans rémunération soumise à cotisations, les droits sont très limités.
  • Erreur 2 : confondre dividendes et rémunération. Les dividendes ne financent pas les indemnités journalières maladie ou maternité.
  • Erreur 3 : se rémunérer uniquement quelques semaines avant un arrêt prévu. Les droits sociaux s'apprécient sur des périodes de référence.
  • Erreur 4 : continuer à travailler normalement pendant un arrêt maladie ou maternité. Cette pratique peut remettre en cause l'indemnisation.
  • Erreur 5 : oublier d'envoyer les documents à la CPAM dans les délais. Un retard peut bloquer ou retarder le paiement des indemnités.
  • Erreur 6 : ne pas informer l'expert-comptable de l'arrêt. La paie et la DSN doivent être correctement traitées.
  • Erreur 7 : maintenir une rémunération sans analyse préalable. Le maintien doit être cohérent juridiquement, socialement et fiscalement.
  • Erreur 8 : négliger la prévoyance complémentaire. Les indemnités journalières obligatoires restent plafonnées et parfois insuffisantes.

Bonnes pratiques pour le président de SASU

  • Bonne pratique 1 : mettre en place une rémunération régulière dès que la trésorerie le permet pour construire progressivement des droits sociaux.
  • Bonne pratique 2 : arbitrer chaque année entre salaire et dividendes en intégrant fiscalité, cotisations, retraite et prévoyance.
  • Bonne pratique 3 : anticiper les événements familiaux. Une maternité ou une paternité se prépare administrativement et financièrement.
  • Bonne pratique 4 : conserver tous les justificatifs : bulletins de paie, arrêts, déclarations, décisions de rémunération et échanges CPAM.
  • Bonne pratique 5 : vérifier régulièrement ses droits sociaux. Le compte ameli, les bulletins de paie et les déclarations sociales doivent être cohérents.
  • Bonne pratique 6 : souscrire une prévoyance adaptée pour compléter le régime obligatoire.
  • Bonne pratique 7 : organiser un plan de continuité d'activité, même pour une SASU sans salarié.
  • Bonne pratique 8 : formaliser les décisions de rémunération de l'associé unique par écrit.

Conseil : une bonne protection sociale se construit avant le problème. Une fois l'arrêt maladie ou le congé maternité commencé, les marges de manœuvre deviennent beaucoup plus limitées.

Conseils de Socic

Chez SOCIC, l'approche recommandée consiste à ne jamais isoler la question des indemnités journalières du reste de la stratégie du dirigeant. Le président de SASU doit raisonner globalement : rémunération, dividendes, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, cotisations sociales, retraite, prévoyance, trésorerie et sécurité familiale. Notre guide complet SASU 2026 couvre l'ensemble de ces dimensions.

Le bon réflexe consiste à établir un prévisionnel de rémunération. Ce document doit répondre à plusieurs questions simples :

  • Quel revenu net le dirigeant doit-il percevoir chaque mois ?
  • Quel niveau de cotisations la SASU peut-elle supporter ?
  • Quels droits sociaux cette rémunération génère-t-elle ?
  • Quel complément de prévoyance faut-il souscrire ?
  • Quelle part du résultat peut être distribuée en dividendes ?
  • Comment protéger la société en cas d'absence du dirigeant ?

💡 Conseil : faites au moins une fois par an un bilan de votre protection sociale de dirigeant. Beaucoup d'entrepreneurs suivent leur chiffre d'affaires au mois près, mais ignorent totalement ce qu'ils percevraient en cas d'arrêt maladie de trente jours.

Il est également recommandé de ne pas attendre une grossesse, une opération ou un problème de santé pour s'interroger sur les droits sociaux. Les stratégies construites dans l'urgence sont rarement les meilleures.

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Checklist finale : président de SASU et arrêt maladie / maternité en 2026

  • Vérifier si le président ou la présidente de SASU est rémunéré.
  • Contrôler que les bulletins de paie sont correctement établis.
  • S'assurer que les DSN ont été transmises sans anomalie.
  • Vérifier les droits sur le compte ameli.
  • Identifier le niveau réel d'indemnités journalières possible.
  • Éviter une stratégie fondée uniquement sur les dividendes.
  • Anticiper les congés maternité, paternité ou les arrêts programmés.
  • Prévenir l'expert-comptable dès réception d'un arrêt de travail.
  • Respecter les délais d'envoi à la CPAM.
  • Organiser la continuité de la société pendant l'absence.
  • Formaliser les décisions de rémunération de l'associé unique.
  • Étudier une prévoyance complémentaire adaptée au dirigeant.
  • Conserver tous les justificatifs médicaux, sociaux et comptables.
  • Réviser chaque année l'équilibre entre rémunération et dividendes.

FAQ – Président de SASU : arrêt maladie, maternité et indemnités journalières

Un président de SASU a-t-il droit aux indemnités journalières en arrêt maladie ?

Oui, s'il est rémunéré, affilié au régime général et respecte les conditions de cotisation et d'activité exigées par l'Assurance maladie. Un président non rémunéré n'ouvre généralement pas de droits aux indemnités journalières au titre de son mandat.

Un président de SASU non rémunéré peut-il percevoir des indemnités maladie ?

En principe, non au titre de sa SASU, car il ne cotise pas. Il peut toutefois bénéficier de droits liés à une autre situation, comme une ancienne activité salariée, un maintien de droits ou une autre activité professionnelle.

Les dividendes de SASU ouvrent-ils droit aux indemnités journalières ?

Non. Les dividendes rémunèrent le capital, pas le travail. Ils ne sont pas pris en compte comme salaire pour calculer les indemnités journalières maladie, maternité ou paternité.

Comment sont calculées les indemnités journalières d'un président de SASU ?

Elles sont calculées à partir des rémunérations brutes soumises à cotisations sociales, dans la limite des plafonds applicables. Plus la rémunération déclarée est faible, plus les indemnités potentielles sont faibles.

Une présidente de SASU peut-elle bénéficier d'un congé maternité ?

Oui, si elle est rémunérée, affiliée au régime général et respecte les conditions d'affiliation, de cotisation et de cessation d'activité. La maternité doit être déclarée dans les délais auprès des organismes compétents.

Peut-on continuer à travailler pendant un arrêt maladie en SASU ?

L'arrêt maladie suppose une interruption de l'activité professionnelle conformément à la prescription médicale. Continuer à travailler normalement tout en percevant des indemnités journalières peut entraîner une remise en cause de l'indemnisation.

La SASU peut-elle maintenir la rémunération du président pendant l'arrêt ?

C'est possible dans certains cas, mais cela doit être traité avec prudence. Le maintien doit être cohérent avec la paie, les déclarations sociales, les décisions de rémunération et la réalité de l'arrêt.

Le président de SASU cotise-t-il au chômage ?

Non, pas au titre de son mandat social. Le président de SASU assimilé salarié relève du régime général pour de nombreux risques, mais il ne cotise pas à l'assurance chômage, sauf cas particulier de cumul avec un véritable contrat de travail. Pour en savoir plus, lisez notre article sur le droit au chômage du président de SAS ou SASU.

Faut-il une prévoyance pour un président de SASU ?

Oui, c'est fortement recommandé. Les indemnités journalières obligatoires sont plafonnées et peuvent être insuffisantes. Une prévoyance complémentaire permet de mieux protéger le dirigeant en cas d'incapacité, d'invalidité ou de décès.

Quand faut-il préparer ses droits maternité en SASU ?

Le plus tôt possible. Idéalement, la rémunération et les droits sociaux doivent être anticipés plusieurs mois avant le congé maternité. Une préparation tardive peut limiter l'indemnisation.

Un président de SASU peut-il cumuler arrêt maladie et dividendes ?

Les dividendes peuvent être distribués si les conditions juridiques et comptables sont remplies, mais ils ne doivent pas masquer une poursuite d'activité contraire à l'arrêt. Il faut distinguer la perception d'un revenu du capital et l'exercice effectif d'une activité professionnelle.

Que faire en premier en cas d'arrêt maladie du président de SASU ?

Il faut obtenir un arrêt de travail médical, vérifier sa transmission à la CPAM, prévenir l'expert-comptable pour le traitement de la paie et organiser rapidement la continuité administrative de la SASU.

Conclusion

Le président de SASU bénéficie d'un régime protecteur lorsqu'il se rémunère, mais cette protection dépend directement des cotisations versées, de la régularité des bulletins de paie et du respect des démarches administratives.

La SASU permet une grande liberté dans la gestion de la rémunération. Cette liberté doit être utilisée avec méthode. Une stratégie uniquement tournée vers la réduction des charges peut laisser le dirigeant sans revenu en cas d'arrêt maladie, de maternité ou de paternité. À l'inverse, une rémunération régulière, même progressive, permet de construire des droits et de sécuriser la situation personnelle du chef d'entreprise.

En 2026, les bons réflexes restent les mêmes : anticiper, déclarer correctement, conserver les justificatifs, vérifier ses droits, organiser l'absence et se faire accompagner. Pour aller plus loin, découvrez nos guides connexes : statut social du dirigeant d'entrepriserémunération ou dividendes en SASU et guide complet SASU 2026.

Une SASU bien gérée n'est pas seulement une société rentable. C'est une structure capable de protéger son dirigeant, sa famille et la continuité de son activité lorsque la vie impose une pause.

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Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

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La valeur ajoutée est bien plus qu’un simple chiffre. C’est un indicateur clé de la performance et de la rentabilité de votre entreprise. Découvrez comment la c

SASU vs Portage Salarial : Comparatif Net en Poche, Protection Sociale & Flexibilité (Simulations Chiffrées)
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SASU vs Portage Salarial : Comparatif Net en Poche, Protection Sociale & Flexibilité (Simulations Chiffrées)

SASU ou portage salarial : ce comparatif met en perspective le **net en poche**, la **protection sociale** et la **flexibilité** pour choisir le statut le plus adapté aux consultants et freelances. Le **portage salarial** séduit par sa **simplicité administrative**, un fonctionnement proche du salariat et une **assurance chômage possible sous conditions**, mais avec davantage de charges et moins de leviers d’optimisation. La **SASU** offre plus de **liberté de gestion** (frais, investissement, rémunération, dividendes) et peut améliorer le revenu selon la stratégie, au prix d’une gestion plus exigeante et **sans droits chômage** liés au mandat de président. Des **simulations chiffrées (60 000 € et 100 000 € de CA)** montrent que le bon choix dépend surtout de votre niveau d’activité, de vos frais, de votre besoin de sécurité et de votre projet de développement.

La simplicité d'un cabinet en ligne, le conseil d'experts !

C'est pour moi !
Femme souriante avec un geste de satisfaction