Aller au contenu principal

Trois aides financières pour aider un chômeur à créer son entreprise

Chômeur et créateur d'entreprise : les 3 aides financières France Travail à connaître (ARE, ARCE, ACRE)

Créer une entreprise quand on est au chômage peut être l'un des scénarios les plus sécurisés… à condition d'utiliser les bons dispositifs. En France, France Travail (ex Pôle emploi) permet d'activer des aides qui limitent le risque financier au démarrage : soit vous gardez une partie de vos allocations, soit vous récupérez une partie de vos droits en capital, et dans tous les cas vous pouvez souvent réduire vos charges sociales la 1re année.

Voici les 3 aides financières essentielles pour créer son entreprise en cumulant le chômage, et comment les choisir intelligemment.

Faites-vous accompagner dès le départ par un expert-comptable en ligne !

Sécuriser votre création d'entreprise

Les 3 aides « cœur » à connaître

  1. Le maintien de l'ARE — vous continuez à toucher une partie de vos allocations chaque mois
  2. L'ARCE — vous récupérez une partie de vos droits sous forme de capital
  3. L'ACRE — exonération / réduction de cotisations sociales au démarrage

⚠️ Important : ARE et ARCE ne sont pas cumulables — vous choisissez l'une ou l'autre. En revanche, l'ACRE peut se cumuler avec l'ARE ou l'ARCE si vous remplissez les conditions.

1) Le maintien de l'ARE pour créer son entreprise

Le maintien de l'ARE est souvent la solution la plus confortable si vous démarrez progressivement : vous cumulez revenus d'activité + une partie de votre ARE, ce qui « lisse » votre trésorerie mois après mois.

Conditions pour bénéficier du maintien ARE

Vous pouvez en bénéficier si vous :

  • percevez l'ARE ;
  • ne choisissez pas l'ARCE ;
  • déclarez votre activité et vous actualisez chaque mois (même si votre entreprise tourne) ;
  • déclarez vos revenus (ou votre chiffre d'affaires si micro-entreprise, avec abattement forfaitaire).

📌 Dans la pratique, France Travail réduit votre ARE en fonction des revenus issus de la création ou reprise d'entreprise, selon votre statut et les justificatifs fournis. Pour en savoir plus sur ce mécanisme, consultez notre article dédié : comment maintenir ses allocations chômage en créant une entreprise.

Montant : comment France Travail recalcule l'ARE ?

Le principe de calcul est le suivant :

ARE mensuelle versée = ARE mensuelle théorique − 70 % des revenus pris en compte

Exemple concret :

  • ARE mensuelle sans activité : 2 000 €
  • Revenu pris en compte : 500 €
  • Réduction : 70 % × 500 € = 350 €
  • ARE versée : 2 000 − 350 = 1 650 €
  • ➡️ Revenu total du mois : 1 650 + 500 = 2 150 €

💡 Bon à savoir : si votre activité ne « consomme » pas toute votre ARE chaque mois, vos droits peuvent durer plus longtemps — puisque vous ne tirez pas 100 % de l'allocation à chaque versement.

2) Toucher un capital pour financer votre lancement : l'ARCE

L'ARCE est la bonne option si vous avez un vrai besoin de cash au démarrage : stock, matériel, travaux, communication, véhicule, dépôt de garantie, etc. Retrouvez notre comparatif détaillé dans l'article ARE ou ARCE : comprendre et maximiser vos aides.

Conditions pour obtenir l'ARCE

Pour demander l'ARCE, vous devez :

  • être bénéficiaire de l'ARE (droits ouverts) ;
  • créer ou reprendre une entreprise ;
  • et surtout avoir obtenu l'ACRE (point clé : l'ARCE est conditionnée à l'obtention de l'ACRE).

📌 À ne pas confondre : ARCE ≠ ACCRE (ancien nom remplacé). L'ARCE est l'aide en capital versée par France Travail ; l'ACRE est l'allègement de charges sociales.

Montant de l'ARCE

Le montant de l'ARCE correspond à 45 % du reliquat de vos droits ARE (les droits restants à la date de début d'activité).

Exemple :
Il vous reste 1 500 € / mois pendant 24 mois :

  • Droits restants : 1 500 × 24 = 36 000 €
  • ARCE : 36 000 × 45 % = 16 200 €

Versement en 2 fois

Le capital est versé en deux paiements :

  1. Une première partie au démarrage de l'activité
  2. La seconde 6 mois après, si l'entreprise est toujours en activité

⚠️ Choisir l'ARCE, c'est accepter de ne pas percevoir la totalité de vos droits sous forme d'allocations mensuelles. En contrepartie, vous sécurisez votre démarrage avec du cash immédiatement disponible.

3) L'ACRE : payer moins de cotisations sociales la 1re année

L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) permet une réduction de cotisations sociales au début de l'activité, sur une durée généralement de 12 mois. Consultez notre guide complet pour tout savoir : ACRE 2026 : conditions, démarches et montants selon votre statut.

Qui peut bénéficier de l'ACRE ?

Peuvent notamment en bénéficier :

  • les demandeurs d’emploi indemnisés ou non (sous conditions d'inscription/activité antérieure) ;
  • les bénéficiaires du RSA, de l'ASS, etc. ;
  • les jeunes (selon les cas) et les personnes handicapées ;
  • les créateurs implantés en QPV (quartier prioritaire de la politique de la ville) ;
  • et d'autres profils selon votre situation personnelle.

Comment demander l'ACRE ?

⚠️ L'ACRE n'est pas automatique dans de nombreux cas.

📌 La demande doit être faite au moment de la création ou au plus tard dans les 45 jours suivant le dépôt du dossier de création (via le circuit de formalités, selon votre situation). Passé ce délai, c'est définitivement perdu.

Un expert-comptable en ligne vous aide dans vos démarches :

On en discute ?

Le cas particulier du micro-entrepreneur

Si vous créez une micro-entreprise tout en conservant vos droits au chômage, France Travail n'utilise pas votre chiffre d'affaires brut comme base de calcul. Il applique un abattement forfaitaire représentatif des charges.

Abattements appliqués par France Travail

Type d'activitéAbattement forfaitaire
Achat / revente + fourniture de logement71 %
Prestations de services (BIC)50 %
Activités libérales (BNC)34 %

Exemple : vous êtes en prestations de services, CA = 1 600 €
Revenu retenu = 1 600 × (1 − 50 %) = 800 €
C'est cette base de 800 € qui est utilisée dans le calcul de réduction de votre ARE.

📌 Vous devez déclarer et justifier vos montants chaque mois auprès de France Travail.

💡 Le choix du statut juridique (micro-entreprise, SASU, EURL…) a également un impact direct sur le calcul de votre ARE. Il est souvent préférable d'être accompagné avant de trancher.

NACRE, CAPE : des dispositifs d'accompagnement complémentaires

Ces dispositifs ne sont pas des « aides France Travail » au sens strict, mais ils peuvent compléter utilement votre démarrage :

  • NACRE : accompagnement à la création, aujourd'hui souvent porté par des acteurs régionaux (BGE, CCI, CMA, réseaux locaux…). À mobiliser comme levier d'accompagnement, pas comme aide financière directe.
  • CAPE (Contrat d'Appui au Projet d'Entreprise) : cadre juridique pour tester votre activité avec une structure accompagnante (couveuse, coopérative…). Très utile pour se lancer en limitant les risques, mais ce n'est pas une prime.

D'autres aides peuvent également compléter votre financement : aides régionales, prêts d'honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre), microcrédit (Adie), subventions locales…

ARE ou ARCE : comment choisir ? (méthode simple)

Le choix entre ARE et ARCE est irréversible : prenez le temps de simuler votre trésorerie sur 6 à 12 mois avant de décider.

Choisissez le maintien de l'ARE si :

  • vous démarrez doucement (chiffre d'affaires irrégulier au début) ;
  • vous voulez sécuriser vos revenus chaque mois ;
  • vous n'avez pas besoin de gros cash immédiatement.

Choisissez l'ARCE si :

  • vous avez un investissement immédiat à financer (stock, matériel, local…) ;
  • vous avez une visibilité commerciale rapide et êtes confiant dans votre projet ;
  • vous préférez un capital disponible plutôt qu'un complément mensuel.

👉 Pour aller plus loin dans votre réflexion, lisez notre article : cumuler chômage et création d'entreprise : ARE, ARCE et conseils d'expert-comptable.

Checklist : créer son entreprise au chômage

  • Vérifier vos droits ARE (durée + montant restant)
  • Choisir : maintien ARE ou ARCE (stratégie de trésorerie sur 6 à 12 mois)
  • Demander l'ACRE dans les délais (≤ 45 jours après la création)
  • Déclarer votre statut (micro-entreprise / société) et organiser vos justificatifs
  • Continuer l'actualisation mensuelle si vous optez pour le maintien ARE
  • Choisir la bonne forme juridique (micro-entreprise, EURL, SASU…) selon votre situation

FAQ : aides au chômeur créateur d'entreprise

Peut-on cumuler ACRE et maintien de l'ARE ?

Oui, dans la plupart des cas. L'ACRE concerne les cotisations sociales, le maintien de l'ARE dépend des règles France Travail. Ces deux dispositifs sont cumulables sous conditions, mais l'arbitrage principal reste celui entre maintien ARE et ARCE — qui, eux, sont exclusifs l'un de l'autre.

Que se passe-t-il si je dépasse les délais pour demander l'ACRE ?

La demande doit impérativement être déposée auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivant la création. Passé ce délai, vous perdez définitivement le bénéfice de l'ACRE pour ce projet. En pratique, visez à envoyer votre dossier dans les 7 jours suivant l'obtention de votre justificatif de création.

L'ARCE est-elle intéressante si je ne suis pas sûr de réussir ?

Pas forcément. En choisissant l'ARCE, vous recevez 45 % de vos droits restants en capital, mais vous perdez les 55 % restants sous forme d'allocations mensuelles. Si votre activité est incertaine ou démarre lentement, le maintien de l'ARE offre une meilleure protection. Chaque situation est différente : une simulation personnalisée avec un expert-comptable est recommandée avant de décider.

Quel statut juridique choisir pour maximiser ses aides au chômage ?

Le statut a un impact direct sur le calcul de votre ARE et sur vos cotisations sociales. La SASU, par exemple, permet au président de conserver l'intégralité de son ARE s'il ne se verse aucune rémunération. La micro-entreprise est simple mais limitée en déductions. Consultez notre guide EURL ou SASU : quel statut choisir quand on crée au chômage ? pour comparer les options.

Doit-on continuer à s'actualiser auprès de France Travail après la création ?

Oui, tant que vous optez pour le maintien de l'ARE, l'actualisation mensuelle reste obligatoire. En revanche, si vous choisissez l'ARCE, vous perdez votre statut de demandeur d’emploi dès le premier versement et l'actualisation cesse.


Faites-vous accompagner dès le départ par un expert-comptable

Pour vous aider à sécuriser votre création d'entreprise, l'accompagnement d'un professionnel est une aide précieuse. Un expert-comptable vous aide à choisir la bonne structure, sécuriser l'ACRE/ARCE/ARE, et éviter les erreurs fréquentes (statut, rémunération, charges, TVA, etc.).

Chez SOCIC, nos équipes vous accompagnent dès le départ pour choisir les meilleures solutions pour la réussite de votre projet.

Contacter un expert-comptable SOCIC

Cette ressource vous a-t-elle été utile ?

Partagez cet article !

Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

La simplicité d'un cabinet en ligne, le conseil d'experts !

C'est pour moi !
Femme souriante avec un geste de satisfaction